Ouverte le 11 mai 2026 à Rabat, la première édition du Forum international dédié à l’intelligence artificielle, à la transition numérique, à l’énergie et à la connectivité en Afrique place le Royaume au centre des débats stratégiques autour des transformations technologiques du continent. Organisé à l’initiative du Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives pour le Développement (CAFRAD), sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ce rendez-vous de trois jours réunit responsables publics, institutions internationales, acteurs privés, experts et partenaires financiers autour d’un enjeu commun : faire de l’IA un levier de développement, de souveraineté et de coopération internationale pour l’Afrique.
Le Maroc plaide pour une vision africaine de l’intelligence artificielle
Prenant la parole à l’ouverture du forum, Amal El Fallah Seghrouchni, Ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, a replacé le débat dans une perspective géopolitique et économique plus large : « la maîtrise des données, des infrastructures numériques, des capacités de calcul, des compétences et des usages de l’intelligence artificielle constitue désormais un enjeu stratégique majeur ». Pour la Ministre, le continent dispose de fondamentaux solides pour prendre part à cette transformation. « L’Afrique dispose d’atouts considérables, notamment une jeunesse dynamique, une capacité d’innovation réelle et des besoins importants dans les services publics, l’éducation, la santé, la mobilité et l’énergie », a-t-elle affirmé. La responsable gouvernementale a également mis en avant le positionnement du Maroc dans ce domaine, évoquant une transformation numérique conduite dans une logique « souveraine, inclusive et créatrice de valeur ». La Ministre a par ailleurs appelé à « une vision africaine de l’IA, fondée sur la souveraineté, la confiance, l’éthique, la coopération scientifique et universitaire, ainsi que sur la formation des jeunes compétences ».
Entre opportunités économiques et nouveaux risques systémiques
Même tonalité du côté du CAFRAD. Son directeur général, Coffi Dieudonné Assouvi, a rappelé l’ampleur des mutations en cours. « Les technologies numériques et l’intelligence artificielle figurent parmi les avancées majeures du XXIe siècle, dans la mesure où elles bouleversent les modes de vie, les méthodes de travail, la consommation, les relations interpersonnelles et l’organisation des secteurs public et privé », a-t-il déclaré. Mais derrière les promesses technologiques, plusieurs défis persistent. Le responsable a notamment alerté sur « les interrogations éthiques » et les risques liés « à la cybercriminalité, aux guerres hybrides, à la consommation énergétique et à la fracture technologique ». En filigrane, ce forum ambitionne de faire émerger une feuille de route africaine en cohérence avec l’African Union et son Agenda 2063. Parmi les priorités évoquées : renforcer les infrastructures numériques, soutenir les politiques publiques liées à l’IA, développer les énergies renouvelables, consolider la cybersécurité et accélérer la formation des jeunes talents africains.
