La « Grande démission », un effet normal de la reprise, selon la Dares

Les bouleversements liés à la crise du Covid-19 ont enclenché aux États-Unis un vaste mouvement de démissions, surnommé la « Grande démission ». La Dares (Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques), qui dépend du Ministère du Travail en France, s’est penchée sur la question et s’est demandé en août dernier si la France vivait également un mouvement comparable, dans une publication baptisée « La France vit-elle une “Grande démission” ? ». Les auteurs rappellent que « le nombre de travailleurs quittant volontairement leur poste a nettement augmenté aux États-Unis, que ce soit pour changer de travail, chercher un autre emploi ou se retirer de la population active ». 3 % des employés ont ainsi démissionné au mois de décembre 2021, au plus haut depuis l’an 2000. Un taux historique, mais qui n’est donc pas inédit. En France, le taux de démission a atteint 2,7 % au premier trimestre 2022. « Il est au plus haut depuis la crise financière de 2008-2009, mais reste en deçà des niveaux qu’il avait atteints juste avant, début 2008 (2,9 %) », relèvent les auteurs. Ce taux « est un indicateur cyclique. Il est bas durant les crises et il augmente en période de reprise, d’autant plus fortement que l’embellie conjoncturelle est rapide », précisent-ils. Les analystes de la Dares jugent donc que sa hausse, dans le contexte actuel, apparaît comme normale. Les fortes tensions actuelles sur le marché du travail pourraient d’ailleurs expliquer une partie du mouvement : les salariés ont davantage d’opportunités et sont donc amenés à démissionner pour profiter d’un poste plus avantageux. Par ailleurs, cette situation pourrait avoir un effet sur les salaires : « Dans un contexte de difficultés de recrutement toujours élevées, les salaires d’embauche sont susceptibles d’augmenter, en particulier pour les personnes nouvellement démissionnaires », analysent les auteurs.

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