Le trou de la couche d’ozone est en bonne voie de se résorber dans les prochaines décennies, même s’il faut rester vigilant pour éviter un retour en arrière, ont annoncé début janvier un groupe d’experts mandatés par l’ONU. « Si les politiques actuelles restent en place, la couche d’ozone devrait retrouver les valeurs de 1980 (avant l’apparition du trou) d’ici environ 2066 au-dessus de l’Antarctique, 2045 au-dessus de l’Arctique et 2040 dans le reste du monde », indique l’ONU Environnement, relayée par l’AFP, dans son estimation quadriennale. Le trou de la couche d’ozone a été créé par la pollution humaine, en particulier les chlorofluorocarbures (CFC), autrefois émis par de nombreux réfrigérateurs. Après sa détection, les États se sont mis d’accord pour bannir les CFC et les autres gaz qui portent atteinte à la couche d’ozone. Le protocole de Montréal, signé en 1987, a notamment permis une très forte réduction de l’émission de CFC. Située dans la stratosphère, la couche d’ozone protège la Terre des émissions d’ultraviolets en provenance du Soleil. Sa disparition est une menace pour la faune et la flore, mais aussi pour les humains, bien plus exposés aux risques de cancer de la peau. Sa reconstitution serait aussi une bonne nouvelle dans la lutte contre le changement climatique, car elle permet de limiter la hausse des températures. Les scientifiques auteurs du rapport appellent néanmoins à rester vigilants. Car, alors que la Terre se réchauffe à un rythme catastrophique, des techniques de géo-ingénierie consistant en l’injection de particules en suspension dans la stratosphère sont en cours de développement. Elles ont pour objectif d’atténuer le réchauffement climatique. Ces méthodes pourraient avoir des conséquences désastreuses sur la couche d’ozone et la faire revenir aux niveaux alarmants des dernières décennies. « La chose la plus simple à faire est d’arrêter de relâcher des gaz à effet de serre dans l’atmosphère », a souligné John Pyle, Co-Président du panel scientifique qui travaille sur l’ozone pour le compte de l’ONU, cité par l’AFP, « et c’est difficile ».
