Emploi et chômage : le Haut-Commissariat au Plan revoit sa méthodologie

Avec le lancement de l’Enquête sur la main-d’œuvre 2026 (EMO2026), le Haut-Commissariat au Plan (HCP) inaugure une nouvelle génération de statistiques sur l’emploi au Maroc. Conçue selon les standards internationaux définis par l’Organisation internationale du travail (OIT), cette enquête remplace l’ancienne Enquête nationale sur l’emploi (ENE). Objectif : introduire une rupture méthodologique et conceptuelle. « L’EMO 2026 constitue la première enquête d’une nouvelle génération sur le marché du travail au Maroc, conçue conformément aux récentes normes internationales adoptées lors des 19e, 20e et 21e Conférences internationales des statisticiens du travail », lit-on dans une note du HCP. Derrière cette évolution technique se joue en réalité une transformation plus profonde : celle de la manière dont le Royaume mesure l’activité économique, le chômage et les tensions dans le marché du travail.

Une redéfinition de l’emploi et du chômage

Premier changement structurant : la notion même d’emploi est revue. « L’EMO 2026 considère désormais comme emploi uniquement le travail exercé contre rémunération ou en vue d’un profit », précise le HCP. Aussi, le chômage a connu une redéfinition importante. En effet, « le taux de chômage au sens strict remplace désormais le taux de chômage au sens large mesuré dans le cadre de l’ENE », indique l’institution dirigée par Chakib Benmoussa. Cette approche plus restrictive ne retient comme chômeuses que « les personnes sans emploi, disponibles pour travailler et recherchant activement un emploi ». Une évolution qui crée une rupture dans la lecture historique des données. « Les résultats de l’EM O2026 ne sont pas directement comparables aux séries antérieures de l’ENE, en raison de ruptures conceptuelles », tient à préciser le HCP.

Une lecture plus fine des tensions du marché du travail

Au-delà des définitions, la réforme introduit une approche plus large de la sous-utilisation de la main-d’œuvre. « L’approche basée sur l’unique indicateur de chômage est remplacée par un système multidimensionnel intégrant quatre indicateurs », explique le HCP. Ces nouveaux indicateurs intègrent le chômage au sens strict, le sous-emploi lié à la durée du travail, la main-d’œuvre potentielle ainsi qu’un indicateur composite regroupant ces différentes dimensions. « Ensemble, ces indicateurs permettent de mesurer les pressions, actuelles et potentielles, exercées sur le marché du travail », lit-on dans la note d’information. Sur le plan méthodologique, le dispositif gagne également en profondeur. « La taille de l’échantillon est passée de 90.000 à 135.000 ménages par an », note le HCP, permettant d’améliorer la précision des données, notamment aux niveaux régional et provincial.
Enfin, l’enquête élargit son champ d’analyse à de nouvelles problématiques. « Le champ thématique du nouveau dispositif a été enrichi. Il intègre désormais des thématiques nouvelles ou renforcées, notamment les défis d’accès au marché du travail, l’emploi informel, les différentes formes de sous-utilisation de la main-d’œuvre et la formation tout au long de la vie »

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