Zoom sur le moral des entrepreneurs et le climat des affaires

Interview de Faïçal Mekouar, Vice-Président Général de la CGEMFaiçal Mekouar

« Le moral des chefs d’entreprises est utot l’image de l’économie » 

 

Conjoncture : Qu’en est-il du moral des « patrons » en cette nouvelle année ?

Faïçal Mekouar : Nous avons eu une année 2016 très difficile, marquée par u
ne campagne agricole médiocre et une faible progression du PIB non agricole. Nous avons constaté un ralentissement de la consommation, qui s’explique aussi bien par la contraction des revenus des ménages en milieu rural que par une certaine frilosité des dépenses des ménages urbains. De même, l’organisation des législatives a eu un impact sur l’activité économique, et notamment l’investissement, les esprits étant occupés ailleurs.

Les entreprises travaillant pour le marché local ont donc ressenti le contrecoup de ces aléas. Ceci dit, tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. L’automobile, par exemple, réalise de très bons chiffres, aussi bien au niveau des ventes locales qu’à l’export. L’aéronautique, l’électronique, l’agroalimentaire et le textile tirent également leur épingle du jeu et les télécoms ont stabilisé leur situation. Le BTP et l’immobilier, eux, restent en attente d’une sérieuse reprise. Ce ne sont là que quelques exemples et il faudrait s’intéresser aux branches sectorielles pour avoir une analyse plus fine.

2017 s’annonce toutefois sous de meilleurs auspices, ne serait-ce qu’en raison d’une campagne agricole qui promet d’être meilleure ainsi que de l’embellie prévue dans plusieurs secteurs. Le moral des patrons est, naturellement à l’image de l’économie : certains chefs d’entreprise sont plus rassurés que d’autres. Mais, globalement, le moral est meilleur que l’année dernière. D’abord, en raison des bonnes conditions climatiques qui augurent une progression de la consommation, ensuite du fait de la nature même du métier d’entrepreneur. C’est dans l’ADN de tout chef d’entreprise que de croire à des lendemains meilleurs pour son business.

Quel est votre regard sur l’environnement des affaires et son impact auprès des chefs d’entreprise ?

Au sein de la CGEM, nous travaillons avec les administrations concernées dans le sens de l’amélioration de l’environnement des affaires. Plusieurs chantiers ont été ouverts. Ils concernent des sujets tels que la simplification des procédures, la question des autorisations, le financement ou encore les délais de paiement. À propos de ce dernier chantier, et au terme de plusieurs mois de travail en collaboration avec le Ministère des Finances et la Trésorerie Générale, nous avons abouti à des résultats concrets. Il s’agit, en l’occurrence, de la réforme de la loi sur les délais de paiement, qui, entre autres nouveautés, inclut aujourd’hui dans son champ les entités publiques réalisant des transactions à caractère marchand ; de même que des amendements portés au décret sur les marchés publics et des textes connexes, qui permettent de fluidifier et normaliser le traitement des dossiers des entreprises ayant exécuté des marchés de l’État.

Aujourd’hui, nous avons apporté une réponse aux délais de paiement des transactions futures, mais nous n’avons pas traité les problèmes passés, en particulier le stock des arriérés des paiements étatiques dus aux entreprises. Je rappelle, à cet effet, que nous avons enregistré en 2016 un record en matière de défaillance d’entreprises : plus de 7000 d’entre-elles se sont retrouvées dans l’incapacité d’honorer leurs engagements.

 

Propos recueillis par Rachid Hallaouy

 

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans la prochaine édition de la revue Conjoncture.

 

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