Une reprise prudente de l’activité

Comme ailleurs dans le monde, l’année 2020 est à oublier pour le tissu économique marocain. Voici les perspectives économiques pour le dernier trimestre 2020 dans le domaine de l’agriculture, des services et de l’export.

 La croissance économique au Maroc devrait se contracter de 5 % cette année, du jamais vu depuis 1995. À la pandémie du Covid-19, s’est ajoutée une année de sècheresse.

L’export à la peine

Le monde agricole est ainsi en grande souffrance. La pluviométrie est en baisse de 34 % par rapport à la moyenne enregistrée ces trois dernières décennies. La récolte céréalière 2019/2020 est estimée à 30 millions de quintaux (Mq) contre 52 Mq en 2019 et 100 Mq en 2018.

La valeur ajoutée non agricole connaîtra de même un fort ralentissement : elle était d’à peine 0,7 % au 1er trimestre 2020 contre 3,9 % à la même période de 2019. C’est le résultat du repli des secteurs du tourisme, de l’énergie, des mines et du transport lors de la période de confinement.

Les secteurs exportateurs ont également été touchés de plein fouet par la crise du Covid-19. En raison de la fermeture de l’économie mondiale durant les mois de mars, avril et mai derniers, les exportations ont subi une diminution drastique qui a déteint sur la performance globale de ces secteurs. Les Métiers Mondiaux du Maroc (MMM) ont ainsi affiché une baisse à deux chiffres de leurs exportations à fin juin 2020 : automobile (- 40 %), cuir et l’habillement (- 36 %), agriculture et agro-industrie (- 7 %) et aéronautique (- 30 %). De facto, la balance des paiements s’est détériorée de 3,9 %.

Le tourisme, principal pourvoyeur en devises pour l’économie marocaine avec les transferts des Marocains du monde, souffre de l’arrêt de l’activité économique et des mesures sanitaires prises depuis mars 2020 et prolongées depuis dans plusieurs villes touristiques (Marrakech et Tanger). La croissance du secteur devra se contracter fortement avec une baisse représentant 29 % de sa valeur ajoutée. 24 milliards de dirhams de recettes devraient tout de même être réalisés sur l’ensemble de l’année.

L’espoir est permis

Cette situation sectorielle globalement morose a eu naturellement un impact sur la consommation des ménages. Les crédits à la consommation ont baissé de 2,8 % et ceux destinés au logement de 0,2 %. Le taux de chômage prévu d’ici fin 2020 sera de 13 %, contre 9,2 % en 2019. Ce sont 300 000 emplois qui seront perdus cette année. Face à l’ampleur de cette crise touchant l’ensemble des secteurs économiques, qui dépendent de la demande interne comme externe, le gouvernement a actionné différentes mesures de soutien pour appuyer la relance économique et préserver les emplois. D’autant plus que les entreprises sont en ordre de bataille pour reprendre leurs activités.

« Plus de la moitié des entreprises sont en cours de reprise de leurs activités. Ces entreprises atteindraient leur niveau normal avant la fin de l’année 2020 », annonçait le Haut-Commissariat au Plan (HCP) dans sa 2e enquête sur l’impact du Covid-19 sur l’activité des entreprises. Les résultats de ce sondage publié en juillet dernier seront réévalués au vu de l’évolution sanitaire dans le pays. Il ressort des différentes enquêtes réalisées auprès des acteurs économiques privés une volonté de reprendre l’activité et de réduire ainsi les pertes essuyées durant les 2e et 3e trimestres 2020

Salaheddine Lemaizi

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