Secteur textile au Maroc 

Entretien avec Youssef Charif

« Une marque 100 % marocaine dédiée aux B2B et B2C »

Entretien avec Youssef Charif, Directeur général de Commando 75

Conjoncture : Comment est née la marque Commando 75 ?

Youssef Charif : Au moment de la création de la marque, en 2017, notre groupe travaillait essentiellement dans la sécurité physique, le « garding », et proposait également des équipements militaires, voire « outdoor ». Nous avons donc ouvert le premier « tactical store » du Royaume en 2015, avec la présence de plusieurs marques internationales que nous représentons au Maroc. De là est née l’idée de créer une marque 100 % marocaine dédiée à ces marchés. Ainsi, Commando 75 a été lancée en 2018, avec notamment une participation au salon Milipol au Qatar [NDLR salon international dédié à la sécurité civile]. Depuis, notre marque s’adresse aussi bien aux professionnels de la sécurité qu’au grand public, amoureux de la nature et friand d’activités en plein air.

Comment s’organise la production de vos produits textiles au Maroc ?

Pour commencer, nous avons pris des participations dans différents ateliers textiles au Maroc, ce qui nous a permis de fabriquer nos propres produits, mais aussi de produire pour d’autres marques internationales en sous-traitance, notamment des uniformes militaires. Nous avons ainsi constitué un petit écosystème capable de travailler sur des produits qui nécessitent des savoir-faire bien particuliers, avec un très haut niveau de qualité.

Pour être encore plus performants et enrichir la gamme Commando 75, nous avons également créé une cellule de R&D, avec d’anciens membres des forces spéciales qui connaissent bien les besoins de nos utilisateurs. Cela nous permet, par exemple, de produire des vêtements parfaitement adaptés aux missions militaires ou à la pratique sportive.

Quels sont les points forts du Maroc pour développer ces activités ?

D’une part, le Maroc a une proximité géographique avec l’Europe qui incite les donneurs d’ordres à produire ici, plutôt qu’en Asie, pour plus de réactivité sur de petites séries. C’est vrai aussi bien pour le volet « fashion » que pour les tissus techniques, car le Royaume a développé un véritable savoir-faire dans ces domaines. D’autre part, le pays est également une porte vers l’Afrique, dont il peut devenir un fournisseur. C’est d’ailleurs ce que nous faisons en fabriquant des uniformes pour plusieurs pays africains.

Et que manque-t-il encore au Royaume pour progresser ?

À notre niveau, il faudrait encore plus d’intégration, en fabriquant localement davantage de tissus techniques et de fournitures par exemple. Il faut encourager les industriels en ce sens et monter en puissance pour être capable de produire plus. De même, le secteur a besoin de nouvelles zones industrielles dédiées au textile pour se développer davantage.

Quels sont les objectifs de la marque dans les prochaines années ?

Notre premier objectif est d’étendre notre réseau. D’abord au Maroc, avec l’ouverture de 8 nouveaux points de vente, en plus de ceux de Casablanca, mais également en Europe, avec le lancement d’un site e-commerce. De même, nous voulons continuer à innover, pour offrir des produits toujours plus performants, mais aussi encourager le retour à la nature du grand public. D’ailleurs, le développement durable est un enjeu important pour nous, et nous souhaitons disposer d’un « sourcing » écoresponsable d’ici 2025.

Propos recueillis par Thomas Brun

 

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