Provinces du Sud : des régions où il fait bon investir

Anass BoumesmarEntretien avec Mohamed Boumesmar, Directeur du Centre Régional d’Investissement (CRI) de la région de Laâyoune Sakia El Hamra.

Les Provinces du Sud bénéficient d’un système d’exonération fiscale, une décision héritée du règne de Sa Majesté le Roi Hassan II pour dynamiser les investissements dans la région. D’autres mesures d’encouragement et d’accompagnement existent pour les entreprises. Autre point fort, le développement socio-économique rapide de la région qui laisse entrevoir de nombreux débouchés. Éclairage.

Quelles sont les spécificités du régime fiscal dans les Provinces du Sud ?

Deux régions des Provinces du Sud du Royaume, à savoir Laâyoune Sakia El Hamra et Dakhla–Oued Eddahab, bénéficient d’une exonération fiscale. C’est ainsi que les entreprises ne paient pas d’impôts : ni Impôts sur les Sociétés (IS), ni impôts locaux. Le régime fiscal en vigueur permet aux opérateurs économiques, en particulier les entreprises ayant l’intention d’investir dans la région, d’être dans une position nettement avantageuse vis-à-vis de ceux ayant investi dans d’autres régions du pays. En effet, cette exonération fiscale leur permet de faire de substantielles économies sur leur chiffre d’affaires et d’être en mesure de développer leur activité en réinvestissant les bénéfices réalisés chaque année.

Depuis 2015, l’identifiant fiscal est obligatoire. Qu’est-ce que cela change pour les entreprises et les investisseurs ?

L’identifiant fiscal n’est obligatoire que dans l’objectif de faciliter la gestion administrative de l’entreprise, surtout si elle compte soumissionner un marché public. Dans ce cas, elle doit disposer du code de codification des entreprises marocaines qui requiert un identifiant fiscal. L’entreprise ayant son siège implanté au sein de ces deux régions demeure, toutefois, exonérée d’impôt.

Quels sont les secteurs porteurs de croissance ?

En ce qui concerne la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, on trouve une diversité de potentialités économiques dans les secteurs de la pêche, des énergies renouvelables, de l’exploitation minière, du tourisme et de l’agriculture (élevage principalement). Ces secteurs offrent des richesses importantes, de grandes opportunités d’investissement ainsi qu’un potentiel de développement important.

AquakulturLe secteur de la pêche arrive en premier rang, car il s’agit du pilier du développement socio-économique de la région. En témoignent les captures de la pêche côtière, avec 383 789 tonnes de poissons débarqués au titre de l’année 2015 d’une valeur de 1,7 MMDH. Notre région dispose du premier port sardinier et de la première halle aux poissons au niveau national et africain.

 

Le deuxième secteur qui commence à drainer les investissements étrangers est celui des énergies renouvelables. Notre région jouit d’un potentiel énergétique considérable, ce qui lui permettra de devenir un hub des énergies renouvelables au niveau national et international.

La région est aussi leader de la production d’énergie éolienne à travers la réalisation de trois projets lancés par l’ONEE, la Holding NAREVA et ITALCEMENTI. Ces projets ont permis la production d’une énergie électrique propre de 557,25 MW, avec entre autres, le premier parc éolien d’Afrique à Tah avec 300 MW.

« L’urbanisation croissante, marquée notamment par le lancement de nombreux projets de lotissements, a poussé plusieurs producteurs de ciment à s’installer dans la région tels que Ciments du Maroc, CIM Sud, Lafarge Ciments Sahara et CEMOS Ciment. »

Des projets d’une capacité de 200 MW et de 770 MW sont respectivement en cours de réalisation et en cours d’étude. Parmis les autres projets importants menés par MASEN, la réalisation des stations solaires photovoltaïques de Nour Laâyoune (80 MW) et Nour Boujdour (20 MW).

Au 3erang vient un autre secteur de taille qui est le secteur minier. La région est connue par ses richesses minières, en particulier les phosphates, le sel et le sable. Mais l’activité minière phare de la Région est l’exploitation, à ciel ouvert, du phosphate par la société Phosboucrâa, filiale de l’OCP.

À ces secteurs s’ajoute le tourisme, avec une région qui allie balnéaire et désert, et le secteur du BTP. L’urbanisation croissante, marquée notamment par le lancement de nombreux projets de lotissements, a poussé plusieurs producteurs de ciment à s’installer dans la région tels que Ciment du Maroc, CIM Sud, Lafarge Ciments Sahara et CEMOS Ciment.

Une convention de partenariat a été signée entre le CRI de Laâyoune et la Bourse de Casablanca, quels avantages cela représente pour les investisseurs ?

La convention avec la Bourse de Casablanca est fructueuse pour le CRI ainsi que pour toutes les entreprises de la région, car elle concerne plusieurs domaines de coopération. Une commission mixte sera créée en vue d’améliorer l’accès aux marchés de capitaux pour les entreprises de la région. Ces dernières bénéficieront également d’un module de formation intitulé « Financement à travers le marché boursier ». La convention prévoit, en outre, l’organisation de conférences et l’installation d’écrans diffusant les informations boursières au siège du CRI. Enfin, un module de formation sera mis en place en faveur du personnel du CRI.

Existe-il d’autres mesures d’encouragement pour les entreprises désireuses d’investir?

En plus de l’exonération fiscale, l’implantation dans ces deux régions offre plusieurs avantages aux entreprises et aux investisseurs. Citons notamment une assiette foncière, relevant en intégralité de la propriété privée de l’État, qui est mise à la disposition des opérateurs économiques à des prix symboliques, surtout si l’investissement est créateur d’emplois et de richesses. Par ailleurs, plusieurs produits tels que les hydrocarbures et les assurances automobiles sont subventionnés par l’État afin de permettre aux opérateurs de minimiser leur coût.

La région du sud connait actuellement un développement soutenu. Elle est en train de s’ériger en un véritable pôle socio-économique de dimension internationale, constituant ainsi un tremplin entre l’Europe et l’Afrique. Après que Sa Majesté le Roi Mohammed VI ait lancé, le 6 novembre 2015, le nouveau modèle de développement économique des Provinces du Sud, les projets structurants y afférent sont en phase de réalisation et seront bouclés en intégralité d’ici 2022.

Propos recueillis par Margot Chevance

Articles à la une