Les phosphates, au cœur de la stratégie des Provinces du Sud

Les Provinces du Sud hébergent 1,6 % des réserves de phosphates du pays. Leur exploitation, réalisée à perte pendant de nombreuses années, est désormais plus compétitive et transforme le tissu économique de la région.

En 1962, l’Institut national industriel espagnol démarre l’exploitation des mines de phosphates de Boucraâ. En 1976, un an après la récupération des Provinces du Sud par le Maroc, l’OCP acquiert 65 % des titres de Phosboucraâ auprès de l’entreprise publique espagnole et entame une exploitation conjointe du site. En 2002, le Groupe OCP achète les 35 % restants de la participation espagnole. L’exploitation de la mine n’a commencé à être rentable qu’en 2008. Jusque-là, l’extraction d’une tonne de minerai revenait 2,5 fois plus cher que sur le site de Khouribga, notamment en raison de la nature des réserves minières, de la configuration géographique difficile du site et des conditions climatiques sévères ; tous ces facteurs faisant grimper les coûts d’entretien des équipements.

Une région à fort potentiel

Le Sahara renferme environ 1,6 % des réserves prouvées de phosphates au Maroc. Au taux d’extraction actuel, les Provinces du Sud recèleraient l’équivalent de 300 ans de réserves exploitables de phosphate. Les ressources géologiques de phosphate de la région de Boucraâ sont estimées à 1,1 milliard de m3. Ainsi, le site de Phosboucraâ dispose d’une capacité de production totale de 2,6 millions de tonnes par an, ce qui constitue moins de 2 % des réserves du Groupe OCP. En 2011, le chiffre d’affaires du site a atteint les 527 millions USD et contribue à hauteur de 7,5 % des recettes globales du groupe.

16,8 milliards de dirhams pour de nouvelles installationsEn février 2016, lors du dernier déplacement du Roi Mohammed VI dans les Provinces du Sud, le Groupe OCP a dévoilé les projets de construction d’un nouveau complexe industriel pour la production d’engrais à Laâyoune, représentant un investissement de 8,3 milliards de dirhams. Ce complexe, doté d’une capacité de production annuelle d’un demi-million de tonnes d’acide phosphorique et d’un million de tonnes d’engrais, génèrera, à terme, 1270 emplois. Le projet industriel prévoit également la réalisation d’une usine de lavage et de flottation des phosphates (1,7 milliard de dirhams d’investissements), d’une unité de séchage des phosphates destinés à l’export (600 millions de dirhams) et d’un parc de stockage d’une capacité 500 000 tonnes (800 millions de dirhams). La réalisation de ce complexe doit s’étaler sur quatre ans. Ces installations entrent dans le cadre d’un plan de développement qui comprend, en outre, 4,2 milliards de dirhams d’investissements pour la construction d’un nouveau quai au port de Laâyoune.

Tous ces projets s’inscrivent dans la stratégie de développement du Groupe OCP qui vise à porter sa capacité de production au niveau national à 12 millions de tonnes en 2017, contre 4,5 millions de tonnes en 2010 et 8 millions en 2014. Au-delà de la valorisation des ressources en phosphates de la région, ce complexe a également pour vocation de renforcer la compétitivité des Provinces du Sud. Il ambitionne de promouvoir le tissu industriel des PME-PMI, mais aussi les nouveaux métiers inhérents à la transformation des phosphates en engrais.

Emploi et formation

Phosboucraâ est le premier employeur privé des Provinces du Sud. Sur les 2 300 salariés du site, 1 200 sont originaires de la région. Pour développer le savoir-faire minier local, le premier centre de formation aux métiers de la mine a ouvert à Laâyoune en 1995. Il a permis une augmentation marquée du nombre d’employés qualifiés de la région.

Pour développer le savoir-faire minier local, le premier centre de formation aux métiers de la mine a ouvert à Laâyoune en 1995 .

À l’occasion du 40e anniversaire de la Marche Verte, le Groupe OCP a lancé la construction de la Technopole Foum El Oued, pour un investissement de 2 milliards de dirhams, un projet d’envergure qui vise à doter les Provinces du Sud d’une « cité du savoir et de l’innovation ». Le projet se compose notamment d’un pôle d’enseignement et de recherche autour de thématiques liées à l’environnement saharien, d’un pôle de soutien au développement économique des régions du Sud, d’un pôle culturel ainsi que d’infrastructures sociales. À terme, cette technopole devrait créer 1 200 emplois permanents (à l’horizon 2022). Ce projet renseigne sur une autre déclinaison de la stratégie industrielle du Groupe OCP, en l’occurrence le développement et la valorisation du capital humain. En juillet 2016, dans le sillon des investissements lancés, le Groupe OCP a démarré une vaste opération de recrutement. 500 jeunes originaires de la Province de Laâyoune ont été retenus pour suivre des formations spécifiques avec, en ligne de mire, la réduction du taux de chômage de cette région.

Margot Chevance

 

Chiffres clés :
1,6 % des réserves de phosphates du Maroc se situent dans les Provinces du Sud, soit 1,1 milliard de m3
300 ans de réserves de phosphate exploitables2,6 millions de tonnes par an : capacité de production du site de Phosboucrâa
1 million de tonnes d’engrais par an : objectif de production du nouveau complexe industriel

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