Les jeunes entrepreneurs marocains à succès

Un cuir pas comme les autres

Des jeunes femmes ont eu l’idée de travailler et de valoriser la peau de poisson, auparavant considérée comme un déchet. Cuimer a ainsi vu le jour. La startup s’est spécialisée dans un secteur à fort impact social et environnemental. Détails.

Pour les téléspectateurs marocains, Cuimer, c’est bien évidemment la grande gagnante de la deuxième saison de l’émission « Qui va investir dans mon projet ? Spécial startups » sur 2M. En effet, Cuimer s’est distingué par un projet qui a séduit tout le monde. Un projet qui « réinvente le savoir-faire du cuir marocain et l’enrichit à travers l’exploitation d’un nouveau cuir exotique : le cuir de poisson ». Une victoire qui a été synonyme d’une levée de fonds de 1,3 million de dirhams octroyée par des investisseurs, mais aussi par le concours du fonds « Innov Invest » de Tamwilkom.

Après Bidaya, la CFCIM

L’histoire de Cuimer c’est aussi l’histoire d’étudiantes qui se sont connues dans le cadre d’un club d’entrepreneuriat social au sein de la Faculté des Sciences Économiques relevant de l’Université Hassan II. « Nous devions faire face à deux problématiques : gérer les déchets des poissons et éviter l’extermination des reptiles pour leur peau. Nos recherches nous ont permis de conclure que la peau des poissons pouvait être transformée en un cuir aussi résistant que celui des reptiles. Un cuir haut de gamme, hypoallergénique, imperméable et écologique », nous raconte Aya Laraki, la fondatrice de la startup Cuimer, qui était alors une des startups incubées par Bidaya. Tout de suite après, Cuimer a rejoint le programme d’incubation Kluster CFCIM après avoir été sélectionnée suite à un appel à projets. Elle s’est ensuite installée dans les locaux de la CFCIM et y a bénéficié de formations, de mentoring et d’un accès à des investisseurs. « Nous avons été la première startup marocaine à faire partie des adhérents de la CFCIM », précise Aya Laraki.

Au début de son aventure, la team Cuimer a focalisé ses efforts sur la recherche et développement pour garantir la bonne qualité de cuir. Ensuite, elles ont commencé à fabriquer des gammes de haute maroquinerie en cuir de poissons. « Nous récupérons les peaux de poisson chez les industriels et les usines de fumage de saumon. Puis, nous les traitons naturellement dans une tannerie à Casablanca », explique Aya Laraki. Les produits sont confectionnés à la main par des artisans. Les peaux sont traitées par un tannage naturel, 100 % végétal. Cuimer dispose actuellement d’une large gamme de produits : des portefeuilles aux bracelets à montre en passant par les porte-cartes, les porte-clés, les étuis à passeport, les sacs à main et les jaquettes. « Nous sommes présents sur le net à travers notre site et sur les réseaux sociaux où on propose nos articles à la vente. Nous participons également à des salons et assurons même la livraison à domicile. Aujourd’hui, nous travaillons sur l’internationalisation de la marque avec les business angels de 2M », conclut Aya Laraki.

Hicham Houdaïfa

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