La formation dans le secteur automobile

La formation, levier pour l’emploi

Des instituts de formation dédiés à l’automobile ont été créés par l’Etat en vue d’accompagner le développement du secteur. Objectif : créer 180 000 emplois à l’horizon 2020.

Le développement du secteur automobile ne peut se faire sans des ressources humaines de qualité. C’est pourquoi l’Etat a concocté une stratégie pour accompagner ce développement. Cette politique s’est d’abord matérialisée par la mise en place de quatre Instituts de Formations aux Métiers de l’Industrie Automobile (IFMIA) : ceux de Tanger-Med (dédié aux collaborateurs du Groupe Renault) et Tanger Free Zone, celui d’Atlantic Free Zone (Kénitra) et, enfin, l’institut de Casablanca.

Si la gestion de l’IFMIA Renault a été confiée au constructeur français, les trois autres instituts sont gérés par la société IFMIA SA, créée par l’AMICA. Ces instituts assurent plusieurs types de formations dont des formation initiales (Baccalauréatsprofessionnelspourl’industriemécanique et la maintenance industrielle, Diplôme de technicien spécialisé en génie mécanique, systèmes automatisés et maintenance automobile), des formations qualifiantes à l’embauche et des sessions de formation continue.

Par ailleurs, ces instituts disposent d’une plateforme d’apprentissage en ligne avec plus de 500 modules interactifs couvrant la quasi totalité du cursus « Maintenance automobile ».

Des formations à la carte

Pour la période 2009-2015 les besoins de la filière automobile étaient estimés à 1 500 lauréats en management, 7 000 ingénieurs, 29 000 techniciens et 32 000 opérateurs.

Afin de compléter les besoins du secteur en ressources humaines, une collaboration a été mise en place entre les IFMIA et l’OFPPT (Office de Formation Professionnelle et de Promotion du Tavail). A noter que sur les 330 Établissements de Formation Professionnelle (EFP) de l’OFPPT, plus de 130 offrent des formations liées au secteur automobile.

En outre, pour répondre aux besoins de formations spécifiques, le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle a signé des conventions avec divers acteurs du secteur. A titre d’exemple, le Ministère a signé des conventions avec les Groupes industriels Delphi, Yazaki et Leoni pour la création de 9 centres de formation par apprentissage intra-entreprises (CFA-IE), dédiés aux métiers automobiles. Près de 30 000 jeunes déscolarisés pourront ainsi bénéficier d’une formation au niveau des sites de production de Yazaki (Tanger, Kénitra et Meknès), Delphi (Tanger et Kenitra) et Leoni (Bouskoura, Aïn Sebaâ et Berrechid).

A travers les formations assurées par les IFMIA, les CFA-IE, l’OFPPT et d’autres établissements, l’Etat contribue financièrement à la formation, à l’embauche et à la formation continue des recrues du secteur automobile. Il s’agit d’aides directes spécifiques accordées aux acteurs du secteur durant les trois premières années. Ces aides peuvent atteindre jusqu’à 65 000 dirhams par personne.

Des gisements d’emplois

Grâce à la dynamique du secteur automobile, à l’implantation croissante d’équipementiers et de sous-traitants et au soutien de l’Etat pour la formation, le secteur emploie plus de 100 000 employés sur plus de 180 sites industriels. Parmi les plus gros employeurs, figure l’équipementier Sumitomo (Japon), leader du câblage automobile, compte actuellement environ 20 000 salariés dans une dizaine d’unités au Maroc. L’entreprise américaine Delphi (câblage), présente au Maroc depuis 18 ans, emploie, quant à elle, plus de 12 000 salariés au niveau de ses sites de Tanger et Kénitra. L’entreprise devrait réunir 20 000 collaborateurs à l’horizon 2021, selon la convention qu’elle a signée avec l’Etat. Le constructeur Renault emploie, pour sa part, près de 12 000 salariés au Maroc.

Selon les projections, le secteur automobile devrait créer plus de 180 000 emplois à l’horizon 2020. Un volume qui pourrait être dépassé si le Royaume arrive à attirer un troisième constructeur automobile à côté de Renault et PSA Peugeot Citroën. Pour accompagner le secteur et le développement des filières, l’Etat projette d’ouvrir de nouveaux instituts de formation.

Rachid Hallaouy

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