Interview de Driss Merroun, Ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement de Territoire

« Orienter les efforts vers les services publics dans le monde rural » 

Conjoncture.info : Quelle appréciation avez-vous de la nouvelle carte territoriale ?
Driss Merroun : Il n’y a pas de découpage régional parfait et, quels que soient les approches et les indicateurs adoptés, le débat sur la pertinence du découpage régional sera toujours à l’ordre du jour. La nouvelle carte territoriale constitue un enjeu de première importance pour l’aménagement du territoire. L’actuel découpage régional est inspiré du modèle proposé par le SNAT (Schéma National d’Aménagement du Territoire) et s’inscrit parfaitement dans les orientations et les options de l’aménagement du territoire. En outre, chacun s’accorde à considérer que ce découpage est pertinent dans le contexte actuel, surtout qu’il a contribué à mettre en place une structure régionale efficace. Ce découpage est défini en fonction de deux groupes de critères, les premiers relèvent de la réalité géographique alors que les seconds relèvent des options économiques, sociales, culturelles, historiques et politiques.
Le Maroc est un État unitaire et nous tenons à ce que notre organisation territoriale soit décentralisée. En effet, les régions dont il est question ici relèvent d’une démarche de décentralisation/déconcentration, autrement dit, de modernisation des pratiques de l’État et de renforcement de la contribution des acteurs territoriaux.
Quant à la question des attributions et des compétences des régions, il y a lieu de souligner que, de par la loi organique n° 111-14 et en application des dispositions de l’article 143 de la Constitution, la Région assure un rôle prééminent par rapport aux autres collectivités territoriales dans l’élaboration, l’exécution et le suivi des programmes de développement régional et des schémas régionaux d’aménagement du territoire, dans le respect des compétences propres des autres collectivités territoriales.

 

Quels sont les grands axes de la nouvelle politique gouvernementale d’aménagement du territoire ? 
L’aménagement du territoire et le développement régional étaient vus, jusqu’à une date récente, à partir des plans économiques et sociaux, qui avaient un caractère très centralisé. La nouvelle approche de l’aménagement de territoire, engagée au Maroc depuis le Débat National en 2001, est axée sur les territoires. Nous avons mené une évaluation à mi-parcours qui a révélé que le SNAT a exercé une grande influence sur les décisions d’aménagement opérées par plusieurs acteurs. En effet, un grand nombre des actions réalisées ou prévues par les programmes sectoriels s’inscrivent effectivement dans les orientations du SNAT. Par ailleurs, dans l’ensemble, les Schémas Régionaux d’Aménagement du Territoire (SRAT) ont permis de transformer les orientations du SNAT en programmes d’actions au niveau régional, approuvés et défendus par les acteurs locaux.
Dans ce cadre, la régionalisation et la territorialisation de l’action publique constituent aujourd’hui un véritable défi pour le Maroc, car cela nous impose de refondre les rapports entre l’État et le citoyen et entre l’État et les territoires, de réviser complètement notre façon de faire, de rechercher en permanence la cohérence et l’adaptation de nos supports et outils techniques. Et, partant de là, cela exige davantage de partage de responsabilité entre acteurs, mais aussi de synergie et d’intégration au niveau des politiques menées.
Le Ministère de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire, de par ses missions, est appelé plus que jamais à appuyer et accompagner les régions. L’objectif est que les décideurs territoriaux soient dotés de documents de planification, capables d’éclairer le processus de développement durable des régions et d’assurer la cohérence et la mise en œuvre effective des projets. À cet égard, la contribution du ministère concerne, essentiellement, l’appui scientifique et financier, ainsi que le partage du savoir-faire en matière de planification stratégique territoriale. Pour ce faire, le Ministère a engagé un processus de rencontres avec les Régions, couronnées par la signature de plusieurs conventions visant la réadaptation et l’élaboration des SRAT (Schémas Régionaux d’Aménagement du Territoire).

Propos recueillis par Rachid Hallaouy

Retrouver l’intégralité de l’article dans le prochain numéro de la revue Conjoncture!

 

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