Interview de Bouchra Outaghani

« La Fédération appelle à renforcer la confiance »

Bouchra Outaghani, Présidente de la Fédération du Commerce et Service (FCS) de la CGEM

Conjoncture : Quels sont vos axes prioritaires pour préparer la relance du commerce et des services sur des bases solides ?

Bouchra Outaghani : Afin de préparer l’avenir du secteur du commerce et des services et de relancer durablement l’activité, la FCS a élaboré, selon une approche d’intelligence collective et en concertation avec ses associations professionnelles, une proposition de plan de relance composée de 75 mesures et s’articulant autour de trois axes majeurs. Le premier axe vise à soutenir la trésorerie des entreprises pour le paiement des charges courantes critiques et éviter les faillites. La FCS a proposé, dans ce sens, le report de toutes les échéances bancaires, sociales et fiscales, et a préconisé leur étalement sur l’année 2021.

Le deuxième axe, qui concerne la préservation des emplois et le soutien de l’offre, inclut des propositions de mesures de sauvegarde des compétences des entreprises, notamment celles opérant dans les services, afin de préparer de manière proactive la sortie de crise, de maintenir les emplois et d’éviter une éventuelle baisse de la demande. Le troisième axe comprend des mesures structurantes visant à renforcer la confiance des acteurs tout en assurant un climat des affaires favorable à l’investissement, à l’export, à la digitalisation et à la valorisation du capital humain.

La Fédération prône un rôle primordial de l’État à travers l’intégration de l’informel, l’instauration de la préférence nationale de la commande publique, d’une stratégie d’encouragement du Made in Morocco, de programmes d’appui adaptés aux ambitions des deux secteurs, d’une stratégie de redynamisation inclusive ainsi que de mesures pour la réduction des délais de paiement interentreprises.

Comment la digitalisation peut-elle aider à relancer l’activité ?

Cette crise a présenté une véritable opportunité pour le e-commerce qui mérite d’être boosté, notamment en favorisant le paiement mobile. Il est important, à ce titre, de doter les opérateurs économiques, y compris les acteurs les plus fragiles, des outils nécessaires pour encourager à l’adoption de ce moyen de paiement et réduire la circulation du cash.

Comptez-vous demander une convention avec le Gouvernement pour la relance des secteurs du commerce et des services ?

Les pourparlers avec les départements ministériels de tutelle sont fréquents, que ce soit directement ou via la CGEM. D’ailleurs, le plan de relance de la Fédération a été intégré dans le plan de relance de l’économie nationale proposé par la CGEM lors de la 8e réunion du Comité de Veille Économique (CVE).

Il est important de rappeler que le CVE a mis en place des mesures de contingence ciblées qui ont été très utiles aux opérateurs économiques. C’est, en tout cas, ce qu’a démontré l’étude de la FCS. Toutefois, nous aurions souhaité que davantage d’attention soit accordée aux secteurs du commerce et des services, au regard de sa contribution significative au PIB national dépassant les 17 %, ainsi que son rôle majeur dans la promotion de l’emploi.

Propos recueillis par Salaheddine Lemaizi

 

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