Anas Filali : « La communication est un pilier essentiel de l’entreprise ».

Interview avec Anas Filali, Directeur Général de la Société Lorem. Février 2014.Capture d’écran 2015-01-02 à 12.35.19

Conjoncture : Qu’est-ce que la communication d’entreprise pour vous ?

Anas Filali : La communication d’entreprise prend encore plus d’importance qu’auparavant. Avant, la communication d’entreprise ciblait beaucoup plus l’environnement externe d’une entreprise (ses clients, les décideurs,…). Aujourd’hui, elle se doit de cibler aussi le personnel et les partenaires. Traditionnellement, cette communication était de type top down, l’entreprise décidait le message et le moment opportun de le diffuser. Aujourd’hui, l’image de l’entreprise est constamment reformulée par des intervenants externes, via le web, les réseaux sociaux, ou encore les médias classiques. L’image que diffuse l’entreprise, n’est pas nécessairement le message qui est perçu par les différentes parties prenantes. Dans un processus d’amélioration continue, l’entreprise se doit d’être responsable (d’ou le concept de la RSE) dans l’acte et relayer ses actions à travers un message conforme à la mission de l’entreprise. La communication d’entreprise est plutôt un ensemble d’actes à relayer en messages clés sous différents supports en continu en prenant en considération les interactions avec l’environnement.

 

Conjoncture : A l’heure du développement des NTIC, où en est l’évolution de la communication digitale ?

Anas Filali : On a eu autant de bons et de mauvais exemples dans le mauvais usage des NTIC par les marques qui exploitent généralement peu ce nouvel outil extraordinaire. Pour la première fois, les entreprises peuvent se permettre d’avoir leurs propres médias. Il ne faut pas attendre l’attaque de «clients» mécontents pour penser à la e-Communication. Il faut plutôt adopter une stratégie offensive en déployant un maximum de messages via à la fois les propres supports de l’entreprise et également au travers les relais type réseaux 2.0.

 

Conjoncture : Qu’en est-il de l’attente des acteurs économiques en matière de communication aujourd’hui ?

Anas Filali : Le plus souvent, on est contacté par des entreprises en pleine crise. Aujourd’hui, aucune entreprise n’est à l’abri d’une attaque médiatique instantanée via le Web par exemple, mais l’entreprise a-t-elle les outils pour mieux se défendre, ou mieux encore, rebondir ? Aujourd’hui, on voit de plus en plus d’entreprises qui désirent asseoir une assise de médias Web diverses qui seront son relais en cas de besoin. Le site web corporate est un minimum. Il faudrait aussi penser aux magazines digitaux, à la fois en visant le personnel de l’entreprise et son environnement. Des magazines à forte attractivité d’internautes. La demande s’articule aussi autour d’un «marketing» ponctuel, qui, de notre avis, constitue un point qui ne devrait en aucun cas être dissocié d’une communication articulée autour de supports principaux de l’entreprise.

 

Conjoncture : Est-ce que la communication constitue une valeur ajoutée pour l’entreprise ?

Anas Filali : Tout à fait. Deux entreprises avec des produits/services similaires, l’une priorise la communication, l’autre qui se fait discrète, on imagine bien celle qui va percer sur le marché ! La communication est un pilier essentiel de l’entreprise qu’on ne peut externaliser en totalité.

 

Conjoncture : Y a-t-il des conseils «standards» à délivrer aux chefs d’entreprise souhaitant communiquer ?

Anas Filali : Avant tout, votre personnel PARLE. Et avant de vouloir convaincre les «autres» de la supériorité de votre entreprise, créer plutôt des ambassadeurs au sein même de votre entreprise. Préparez vos médias sur le web, et surtout des guidelines à déployer en cas de crise. Votre image est aussi forgée par ce que vous faites. En pensant à la RSE, essayez d’être sincère dans votre démarche et subtile en communicant support. Soyez à l’écoute de vos clients (même les insatisfaits), n’hésitez pas à reconnaitre votre erreur et à améliorer ce qui fait votre faiblesse.

Conjoncture : Un mot pour terminer ?

Anas Filali : « Kiss : Keep It simple and stupid ». N’allez pas vers des messages trop complexes. Un message simple, répétez-le à l’infini, ce n’est jamais assez.

 

Propos recueillis par Rachid Alaoui, journaliste

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