600 milliards pour le secteur des transports et de la logistique

Le secteur de la logistique ne pesait que 5% du PIB marocain en 2010. Pour mieux développer son potentiel, les autorités ont élaboré un Contrat-Programme 2010-2015, doté d’une enveloppe de 60 milliards de dirhams d’investissements, dont l’un des objectifs était d’accroître la valeur ajoutée du secteur de 0,5 à 0,7 point de PIB par an. Selon les professionnels et dans le meilleur des cas, le PIB du secteur de la logistique se situerait aujourd’hui entre 6 % et 6,5 % du PIB national.

Investissements portuaires
Le Maroc a réalisé des progrès importants en matière de connectivité maritime. En 2014, il occupait le 16e rang mondial, juste derrière les Émirats Arabes Unis (15e), l’Italie (14e) et l’Espagne (13e). Cette progression s’explique notamment par la mise en exploitation de Tanger Med I (le pays se classait à 84e place auparavant). Pour développer le trafic, la Stratégie Portuaire du Maroc à l’horizon 2030 prévoit un budget de 60 milliards de dirhams. Parmi les projets phares, on peut citer Tanger Med II, le Port Nador West, le Port Kenitra Atlantique et le Port Dakhla Atlantique. Si ces différentes structures devraient améliorer la connectivité du Royaume, il subsiste un bémol : le Maroc dispose d’une flotte maritime très limitée.

L’aérien et le ferroviaire
En 2015, l’ONDA a engagé 4 milliards d’investissements dont une grande partie a été allouée aux travaux de modernisation et de développement des capacités aéroportuaires du Royaume, en particulier celles de l’aéroport Mohamed V. Pour ce qui concerne le ferroviaire, le programme actuel inclut une enveloppe de 35 milliards de dirhams, dont 20 milliards pour la LGV (350 km de Tanger à Casablanca) et le reste pour les équipements roulants, le doublement de la voie ferrée jusqu’à Marrakech et la construction de nouvelles gares. Dans le cadre du programme mobilité au Maroc à l’horizon 2035, le Royaume ambitionne même de porter le réseau LGV à 1 500 km, pour un coût estimé à 100 milliards de dirhams.

Autoroutes et routes pour un maillage du territoire
Plusieurs projets sont en cours de finalisation, dont le tronçon El Jadida-Safi (143 km) et la rocade externe de contournement de la ville de Rabat (41 km) qui porteront le réseau autoroutier à 1 588 km. Rien que pour l’année 2016, la Société Nationale des Autoroutes du Maroc envisage d’investir 4 milliards de dirhams. Dans le cadre du Second Schéma Autoroutier National, 30 milliards de dirhams seront dédiés à la construction de quatre nouveaux axes : Safi-Beni Mellal via Marrakech (400 km), Agadir-Guelmim (200 km), Rabat-Casablanca (100 km) et El Jadida-Safi (140 km). À ces projets, il faut ajouter la voie express Tiznit-Laâyoune-Dakhla, dont le coût est estimé à 8,5 milliards de dirhams. En outre, plusieurs milliers de kilomètres de routes seront réalisés pour désenclaver certaines régions. À l’horizon 2035, le Maroc compte ainsi investir 600 milliards de dirhams dans les infrastructures. Certains financements se feront par des partenariats publics-privés (PPP).

Des plates-formes logistiques multi-flux
Pour accompagner le Contrat-programme logistique 2010-2015, le Maroc compte réaliser 70 zones logistiques multi-flux (ZLMF). Outre les opérateurs publics (ONCF, SNTL, Marsa Maroc, RAM), certains acteurs du privé commencent également à s’intéresser à la mise en place des plates-formes logistiques. A titre d’exemple, au niveau du Grand Casablanca, huit ZLMF seront réalisées sur une superficie totale de 978 ha (à Zenata, Oulad Hadda, Deroua, Nouaceur, Oulad Saleh, Bouskoura, Lakhyayata et Sahel Lakhyayta), en complément de la zone Mita de l’ONCF. Un investissement public de 3,1 milliards de dirhams a été mobilisé pour le développement des premières plates-formes logistiques de Casablanca et l’amélioration de leur connectivité avec le port de Casablanca. Des études de marché sont en cours pour arrêter les schémas et les modalités de réalisation des zones logistiques dans les différentes régions du pays .

Rachid Hallaouy

Retrouver l’intégralité du dossier Zoom sur le secteur du transport et de la logistique sur la prochaine édition de la revue Conjoncture.

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