Une centaine d’entreprises labellisées halal au Maroc

Créé il y a cinq ans, le label halal a été délivré à une centaine d’entreprises seulement au Maroc. Pourtant, « le Maroc, de par sa référence religieuse et ses atouts culturels et géographiques, a certainement une part significative à prendre dans ce marché », estimait Abderrahim Taibi, Directeur de l’Institut Marocain de Normalisation (IMANOR), qui organisait le 22 mars dernier le 4e Forum Halal à Casablanca.

Parmi les entreprises labellisées par l’Imanor, environ 90 opèrent dans l’agroalimentaire et une dizaine dans le secteur des cosmétiques. Si le respect du rite islamique est la principale motivation pour les entreprises labellisées, elle n’est pas la seule. « L’obtention du label halal, cela confirme aussi que nous respectons les bonnes pratiques au cours de la production, notamment en matière d’hygiène », souligne Jalal-Eddine Siragi, de l’entreprise Dawajine Viandes, certifiée en 2017.

Pour ses promoteurs, le Maroc doit tirer profit d’un marché halal en pleine expansion. « Le Royaume, grâce à ses produits agricoles et de la mer transformés, ses produits naturels et de terroir, peut facilement se positionner sur cet important marché du halal », plaide Hassan Sentissi El Idrissi, président de l’Association Marocaine des Exportateurs (ASMEX). Selon lui, le « business halal » croît de 15 % chaque année dans le monde.

Le marché des produits certifiés halal s’est surtout développé en Asie du Sud-Est. Difficile d’estimer son potentiel, mais, avec une communauté d’environ 1,6 milliard de musulmans dans le monde, ce marché pourrait atteindre plusieurs centaines de milliards d’euros chaque année. Une étude de Thomson Reuters évaluait les marchés agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique à 245 milliards de dollars en 2015.

L’ASMEX a d’ailleurs créé en 2014 un Club Halal Export qui s’est donné pour mission d’accompagner et de sensibiliser les exportateurs à la certification halal. « Le club organise des rencontres avec les acteurs mondiaux du halal pour montrer aux entreprises l’importance de ce label », souligne Hassan Sentissi El Idrissi.

« Au Maroc, où la population est musulmane à 99 %, la notion de halal va de soi. Mais le marché international peut être en demande de ce type de certification. L’idée est venue dans une logique d’exportation », décrypte Omar Kettani, de l’Association Marocaine d’Études et de Recherches en Économie Islamique (ASMECI). Selon l’IMANOR, le label Halal Maroc a été reconnu par l’autorité halal malaisienne Jakim en 2015. L’institut est désormais en discussion pour obtenir cette reconnaissance en Indonésie et dans les pays du Golfe.

Si la certification halal marocaine concerne aujourd’hui uniquement l’alimentaire et le cosmétique, l’IMANOR, selon Abderrahim Taibi, « investit aussi une nouvelle composante du marché halal : le tourisme halal, connu aussi sous le qualificatif de tourisme familial ou de tourisme “muslim friendly” ».

 

Rémy Pigaglio

 

 

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