Un écosystème régional pour les plantes aromatiques et médicinales créé à Marrakech

Le secteur dispose d’un fort potentiel au Maroc, mais génère, aujourd’hui, peu de valeur ajoutée.

Le Maroc s’est doté, le 26 janvier dernier, de son premier écosystème industriel régional consacré aux plantes aromatiques et médicinales, basé à Marrakech. Baptisé « Marrakech Health and Beauty Valley », il a été créé à l’issue du premier congrès international pour la valorisation des plantes aromatiques et médicinales organisé les 25 et 26 janvier par le Cluster Menara pour les industries du luxe agroalimentaires et cosmétiques.

« L’objectif de cet écosystème est de renforcer l’intégration entre l’amont producteur et l’aval de la transformation des plantes aromatiques et médicinales », indique Karima Taggounte, du Cluster Menara. Ce dernier, initié en 2012 par la CGEM, réunit les industriels du luxe et de l’agroalimentaire et l’Université Cadi Ayyad de Marrakech. Il animera l’écosystème industriel qui regroupera quant à lui les différents acteurs des plantes aromatiques et médicinales dans la région de Marrakech.

La création de l’écosystème s’inscrit dans le plan d’accélération industrielle (PAI). Après le lancement, Othman El Ferdaous, Secrétaire d’État à l’Investissement, a diffusé sur Twitter un document du Cluster Menara et du Ministère de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Économie numérique indiquant que le Maroc se situe au 7e rang mondial en matière d’exportation en vrac de plantes aromatiques avec 20 000 tonnes en 2016. En ce qui concerne les huiles essentielles, le Royaume se positionne à la 23e place à l’échelle internationale.

«Lesproduitslesplusexportéssontlagrainedecaroubeetleromarin, précise Karima Taggounte. Parmi les autres produits, on retrouve le thym, le laurier ou encore la verveine. » Toutefois, l’industrie de la transformation des plantes aromatiques et médicinales est très limitée au Maroc. Les produits sont au final exportés et vendus avec une très faible valeur ajoutée, généralement en vrac. « Il existe 4 200 espèces de plantes aromatiques et médicinales dans le pays, dont certaines sont endémiques. Il y a donc un fort potentiel, qui n’est pas valorisé », poursuit Karima Taggounte.

D’après le document diffusé par Othman El Ferdaous, hormis « 7-8 acteurs structurés, le tissu d’acteurs constituant la filière PAM au Maroc [est] fortement fragmenté autour de 140-160 acteurs, pour un chiffre d’affaires global d’environ 2,7 milliards de dirhams ». Marrakech serait la deuxième région exportatrice et le secteur y générerait 650 à 700 milliards de dirhams de chiffre d’affaires avec 40 à 50 opérateurs. L’industrie dérivée des PAM est estimée à 165 milliards de dollars au niveau mondial, selon le même document. Un contrat-cadre devrait être signé par les acteurs de l’écosystème et les engagera jusqu’en 2024. Il inclut notamment, outre le Cluster Menara, la région de Marrakech-Safi, le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts ou encore le Ministère de l’Industrie. Karima Taggounte précise que « le Ministère va soutenir l’écosystème à travers les différents dispositifs du PAI ».

Rémy Pigaglio

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