Tensions mondiales sur les prix de l’énergie

Sur fond de reprise de l’économie mondiale dans le contexte de la crise du nouveau coronavirus, de fortes tensions sur les prix de l’énergie sont apparues ces dernières semaines. Début octobre, le cours du gaz en Europe a battu des records. Le cours de référence, le TTF néerlandais, atteignait cinq fois sa valeur d’il y a six mois, rapporte l’AFP. Son prix a depuis été divisé par deux environ.

Ces fortes hausses seraient liées à la forte demande provenant d’Asie et à la crainte d’un hiver froid en Europe. La Russie, principal fournisseur de gaz de l’Union européenne, a nié être à l’origine de toute hausse de prix. Fin octobre, un ordre du Président russe Vladimir Poutine d’augmenter les livraisons de gaz à l’Europe a néanmoins permis de faire chuter brutalement les cours de la ressource, rapporte Associated Press.

Ces prix élevés pourraient constituer un handicap important pour la reprise de l’économie européenne. En réaction, la France a annoncé avoir bloqué les prix du gaz jusqu’à fin 2022. Le Gouvernement français a aussi décidé de verser une indemnité de 100 € à tous les Français qui gagnent moins de 2 000 € par mois pour compenser l’inflation. Car, en plus du gaz, le prix de l’essence bat des records. À plus de 1,5 € dans l’Hexagone, le prix du litre de gazole est à son plus haut niveau depuis plus de trois ans, indique le quotidien français La Croix. Il suit ainsi la courbe du prix du baril de Brent, qui se négocie autour de 84 $. C’est, par ailleurs, dans ce contexte que l’Algérie a confirmé le 31 octobre la mise à l’arrêt du gazoduc GME (Gaz Maghreb Europe), qui fait transiter son gaz naturel par le territoire marocain vers l’Espagne. Le gazoduc, inauguré en 1996, est en effet victime des tensions entre Rabat et Alger. L’Algérie va ainsi privilégier Medgaz, qui relie directement le pays à l’Espagne. Mais la décision a suscité beaucoup d’inquiétudes en Espagne, alors que le pays dépend fortement du gaz algérien.

Du côté de la Chine, les tensions portent sur le charbon, sur lequel se repose très largement la deuxième économie mondiale. Depuis plusieurs semaines, les coupures de courant se multiplient dans le pays. 17 régions chinoises, représentant 66 % du PIB du pays, ont été concernées par celles-ci, rapporte l’AFP.

Selon l’agence, l’approvisionnement en houille est réduit par un embargo imposé en 2020 sur les importations australiennes dans le contexte de tensions entre les deux pays. Aussi, dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, le Gouvernement a fixé des limites aux émissions polluantes des industriels. Mais, avec la reprise de l’économie mondiale, de nombreuses usines chinoises tournent à plein régime.

En conséquence, les autorités chinoises ont annoncé mi-octobre qu’elles augmenteraient de 6 % leur production de charbon afin de faire face à ces pénuries d’électricité, toujours selon l’AFP. Et ce en dépit du fait que le charbon est une énergie particulièrement polluante, et alors que la COP 26 qui doit donner une impulsion à la lutte contre le changement climatique s’est ouverte à Glasgow fin octobre.

Articles à la une