Réforme des CRI : 3 questions à El Mehdi Fakir, Économiste

« Ce texte, je l’espère, contribuera à l’opérationnalisation des CRI »

El Mehdi El FakirConjoncture : Quel est l’objectif de la réforme des Centres Régionaux d’Investissement (CRI), promulguée le 21 février dernier ?

El Mehdi Fakir : Cette réforme était très attendue, car elle a vocation à redresser une situation qui, dans le meilleur des cas, a fait des CRI de simples guichets uniques et des organismes de reporting statistique. Ils devaient pourtant être des outils de promotion institutionnelle de l’investissement sur le plan régional, mais cet objectif n’a jamais été rempli. Les CRI, par exemple, n’intervenaient pas dans la mobilisation du foncier. Ils n’étaient pas partie prenante dans l’acte d’investissement. Même si certains Directeurs ont marqué l’action de certains centres, comme Farid Chourak au CRI de l’Oriental (aujourd’hui Gouverneur de la Province d’Al Hoceima), ou bien Abdallah Chater au CRI de Casablanca-Settat (nommé Gouverneur de la province de Nouaceur en février dernier).

Les CRI vont-ils pouvoir remplir leurs nouvelles missions ?

En tout cas, la volonté est là. Avec la nouvelle loi, les centres deviennent quasiment des « agences » régionales d’investissement et obtiennent plus d’autonomie dans leurs décisions. Ils devront néanmoins collaborer avec l’administration territoriale qui garde de nombreuses prérogatives notamment en termes de mobilisation du foncier. Ce texte, je l’espère, contribuera à l’opérationnalisation et au changement de vocation des CRI.

Les centres vont en effet disposer de la personnalité morale, ce qui devrait leur conférer plus d’autonomie. En quoi cette évolution constitue-t-elle un atout ?

Elle permet de disposer d’un budget propre, de ne pas dépendre des autres, et par conséquent de bénéficier de marges de manœuvre financières. Les CRI étaient auparavant des antennes, des annexes des administrations territoriales. Leur budget était essentiellement utilisé pour les salaires et les dépenses courantes. Désormais, ils pourront mieux investir. Ils pourront, par exemple, créer des centres de formation, ce qui représente un axe important, ou encore organiser des voyages d’affaires et inviter des personnes venant de l’étranger.

Propos recueillis par Rémy Pigaglio

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