Réduire les inégalités de genre dans le marché du travail conduirait à une forte hausse du PIB

La Direction des Études et de la Prévision Financière (DEPF) du Ministère de l’Économie et des Finances et ONU Femmes Maroc ont publié début mars une étude qui évalue le coût des inégalités de genre pour l’économie marocaine. Baptisée « Coûts économiques des inégalités de genre dans le marché du travail au Maroc », elle a notamment été appuyée par l’Agence Française de Développement (AFD). Dans la synthèse de l’étude, les auteurs rappellent que les pays de la région Moyen-Orient-Afrique du Nord (MENA), y compris le Maroc, enregistrent des taux de participation des femmes au marché du travail des plus faibles dans le monde (entre 20 % et 30 % en 2019). Au Maroc, selon les statistiques du HCP relayées par l’étude, le taux d’activité s’établit en 2019 à 21,5 % (contre 71 % pour les hommes) et le taux d’emploi à 18,6 % (contre 65,5 % pour les hommes). De plus, ce taux d’activité des femmes se réduit depuis plusieurs années. Les auteurs indiquent que le principal obstacle à l’activité des femmes a trait aux contraintes familiales, plus particulièrement au nombre d’enfants à charge. L’étude chiffre les effets qu’une égalité entre les femmes et les hommes pourrait avoir sur l’économie, en particulier sur la production industrielle et sur le PIB. Ainsi, une diminution d’un quart de la différence d’activité entre les hommes et les femmes conduirait à une hausse du PIB par tête variant entre 5,7 % et 9,9 %. Avec une réduction complète de l’écart d’emploi entre les femmes et les hommes, la hausse du PIB atteindrait 39,5 %.

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