Oxfam se penche sur les « anomalies » du système fiscal marocain qui empêchent de lutter contre les inégalités

L’ONG britannique Oxfam a publié en janvier dernier une analyse du système fiscal marocain dans le cadre de son « Fair Tax Monitor ». Le document se penche notamment sur le niveau et la structure des recettes fiscales du Royaume. Il relève que les impôts sont « en défaut d’équité » : l’impôt sur le revenu, pas assez progressif, profite aux grandes fortunes ; l’impôt sur les sociétés, maintes fois réformé, avantage les entreprises qui réalisent le plus de bénéfices ; un impôt sur la fortune, régulièrement évoqué, n’a toujours pas été mis en place… L’ONG aborde également la question des dépenses fiscales « coûteuses, inefficaces et inéquitables », la transparence du système fiscal pour laquelle de grands progrès ont été faits, même s’ils sont insuffisants, ou encore l’efficacité des politiques publiques, nécessaire à l’adhésion des citoyens à l’impôt. Elle liste ainsi 12 anomalies qui « empêchent de contribuer activement à la lutte contre les inégalités ». Oxfam fait enfin une série de recommandations pour y remédier : améliorer la progressivité de l’impôt, orienter la dépense publique vers les secteurs sociaux, faire de la TVA un outil de lutte contre les inégalités, étudier la pertinence des dépenses fiscales, établir l’impôt sur la fortune et des taxes environnementales, améliorer la gouvernance, et encourager la participation des citoyens et de la société civile.

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