Mounir Kouhen, Directeur Général de Comaner: "Il faut que l'agriculture marocaine devienne le fournisseur le plus important de l'agroalimentaire".

A l’occasion du CFIA, le Carrefour des Fournisseurs de l’Industrie Agroalimentaire, organisé par la CFCIM et GL events qui se déroulera du 16 au 18 septembre à Casablanca au Parc de l’Office des Changes, rencontre avec un des acteurs importants du secteur, Comaner, et son Directeur Général, Mounir Kouhen. Interview.

Conjoncture : Comaner est le sponsor officiel du CFIA encore une fois cette année, c’est un salon important pour la promotion de l’entreprise que vous dirigez ?

Mounir Kouhen : Oui, c’est une référence et puis c’est un salon qui attire des exposants étrangers et ça, c’est très important pour le public marocain. Plus de 4000 visiteurs, c’est beaucoup pour un salon professionnel. Cela démontre l’intérêt des professionnels qui viennent y découvrir des choses. C’est pour cette raison que nous sommes partenaires, et que nous y présentons à chaque édition des nouveaux produits. Comaner est un fabricant d’ingrédients et de solutions pour l’industrie agroalimentaire, nous touchons donc énormément de gens à travers ce salon.

Conjoncture : Tous les marocains ne connaissent pas votre marque, mais tous les marocains ont tous un peu de Comaner dans leur alimentation, c’est ça ?

Mounir Kouhen : Oui à partir du moment où on travaille avec Centrale Laitière ou Copag, on fait partie de l’environnement alimentaire des marocains. Tous nos clients sont des industriels de l’agroalimentaire, de la multinationale à la petite PME.

Conjoncture : Vous êtes chez Comaner depuis presque 15 ans, qu’est-ce qui a changé en 15 ans ?

Mounir Kouhen : Même si nous avons connu de grands changements dans beaucoup de domaines, ça ne suffit pas ! Le Maroc accuse un retard en terme de consommation par tête dans tous les secteurs hormis la consommation des céréales, le sucre et le thé. Notre retard est important si on compare avec d’autres pays de la région, l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte et ça concerne les boissons, la viande, la volaille et les produits laitiers. Nos habitudes de consommation sont encore trop traditionnelles et conservatrices. Et puis notre grand problème, c’est notre pouvoir d’achat qui reste trop faible. Quand vous dépensez la majorité de votre budget pour l’alimentation, vous avez tendance à aller vers les produits de première nécessité et vous n’avez pas de budget pour ce qu’on appelle les produits de confort.

Conjoncture : Pourquoi les grands leaders du marché n’essaient pas de séduire le consommateur avec de nouveaux produits ?

Mounir Kouhen : Certains ont essayé en proposant des produits laitiers nouveaux et un peu plus cher, et ça a été un échec, alors il ont finalement reculé. Même les consommateurs qui roulent en voiture de luxe au Maroc ne mangent qu’un yaourt à la fois, pas cent…Chez Comaner, nous avons connu notre plus forte croissance dans le domaine des produits laitiers et nous avons accompagné les nouveautés comme les yaourts à boire par exemple. Mais la demande était là et la grande distribution a « boosté » le phénomène. L’industrie laitière est la première industrie de transformation au Maroc et ç’est là que nous avons connu le plus grand changement depuis 15 ans. Après on peut citer la biscuiterie, qui a bénéficié de la compensation du sucre et de la farine mais qui comme en Turquie par exemple a beaucoup progressé en très peu de temps. Beaucoup d’importateurs sont devenus des producteurs et ça c’est un signe de bonne santé.

Conjoncture : Comment faire pour développer ce secteur de l’agroalimentaire au Maroc ?

Mounir Kouhen : L’industrie la plus dynamique chez nous, c’est l’industrie liée à l’importation des ingrédients et celle qui l’est moins, c’est l’industrie de transformation des produits issus de notre agriculture donc ma réponse est simple, il faut trouver des solutions pour que l’agriculture devienne le fournisseur important de l’agroalimentaire. Il faudra dans l’avenir créer des champions dans ce secteur, des sociétés assez solides pour qu’elles exportent et qu’elles deviennent des références mondiales. On trouve du couscous et des pâtes Dari dans les supermarchés français, ça me fait très plaisir mais ce n’est pas suffisant.

Découvrez l’intégralité de cet article sur le numéro de septembre de la revue Conjoncture, réservée aux adhérents.
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