Mohammed Benayad à la CFCIM : "Nous allons devoir mettre de l'ordre dans nos importations"

Mohammed Benayad, Secrétaire Général du Ministère chargé du Commerce Extérieur était l’invité, mardi 16 septembre, de la Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM). Venu pour remplacer son Ministre de tutelle Mohamed Abbou, retenu à l’étranger, Mohammed Benayad tient à rappeler, en introduction, qu’on peut vivre avec un déficit commercial. C’est le cas de nombreux pays, à condition d’avoir la capacité, « un jour », de le résoudre. « Le déficit de la balance des biens a atteint 125 milliards de Dhs en 2013, alors qu’il n’était que de 22 milliards en 2000. Ce déficit dépasse même le total des exportations. Et c’est un cercle vicieux puisque chaque point de croissance gagné génère 1,5 points d’augmentation des importations. Nous consommons plus que nous produisons. Dans le long terme, si la situation ne change pas, cela risque d’impacter sérieusement les équilibres fondamentaux du pays ». Une situation que les adhérents de la CFCIM connaissent bien et un discours réaliste et constructif déjà entendu dans cette même salle avec Moulay Hafid Elalamy, Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie Numérique, le 19 juin dernier (voir article). Mohammed Benayad tient à rappeler que les accords de libre échange, souvent pointés du doigt par les économistes, ne sont pas les responsables de ce déficit. « La Chine est l’un des premiers contributeurs de ce déficit, et pourtant nous n’avons pas d’accord de libre-échange avec ce pays. On devrait s’interroger sur un problème beaucoup plus important, la concentration de nos échanges. 67% du déficit commercial concerne seulement 4 pays, dont 3, la France, l’Italie et l’Espagne ont connu et connaissent encore une situation économique difficile. Nos exportations ont souffert et ce n’est pas terminé. En revanche, ce sont surtout les pays en voie de développement qui contribuent positivement à la balance commerciale ». Alors, quelles sont les solutions ? Changer de modèle économique ? Instaurer un protectionnisme commerciale ? Non. Mohammed Benayad connaît parfaitement les mécanismes économiques du Maroc depuis le début des années 80. « Il faut changer de politique, aller vers l’intégration industrielle multisectorielle et vers plus de valeur ajoutée grâce à une stratégie globale de compensation industrielle. Pour toutes ces raisons, pour contrer le déficit, et réduire les importations, nous avons mis en place le Plan National de Développement des Echanges Commerciaux (PNDEC) qui s’étend jusqu’en 2016. Tous les efforts ont été orientés vers l’export depuis quelques années, il faut essayer maintenant de mettre un peu d’ordre dans les importations ».

Retrouvez l’intégralité de la présentation de Mohammed Benayad en cliquant ici.

Lire la suite de cet article dans la revue Conjoncture du mois d’octobre 2014, réservée aux adhérents.

 

 

 

 

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