Les pays européens contraints de recourir davantage au charbon

Si le charbon est en net déclin depuis des décennies en Europe, la crise énergétique déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine pourrait en partie changer la donne. Les baisses de livraison de gaz russe mettent en effet le secteur énergétique européen sous pression. C’est notamment le cas en Allemagne, qui est déjà est une utilisatrice majeure de charbon en Europe. Le pays a annoncé en juin un recours accru de cette source d’énergie ultra-polluante. « La sortie du charbon en 2030 n’est pas du tout vacillante », a néanmoins assuré Stephan Gabriel Haufe, un porte-parole du Ministère de l’Économie et du Climat, selon l’AFP. L’Autriche, qui dépend comme l’Allemagne du gaz russe, a aussi annoncé le prochain redémarrage d’une centrale à charbon désaffectée. En France, le Gouvernement a indiqué fin juin que la centrale à charbon de Saint-Avold reprendrait du service l’hiver prochain. Elle avait été fermée le 31 mars dernier, mais pouvait être redémarrée si besoin. Une seule autre centrale à charbon reste en service dans l’Hexagone, qui a misé il y a plusieurs décennies sur l’énergie nucléaire. Début 2022, l’Union européenne comptait encore 202 centrales avec en tout 111 GW de capacités de production, rapporte l’AFP. Le charbon représentait en 2020 13 % de la production électrique des Ving-Sept, contre 25 % en 2013. Ce renouveau du charbon devrait être temporaire, alors que les pays de l’UE se sont engagés dans le développement des énergies renouvelables et une maîtrise de la demande énergétique.

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