Les femmes sont plus impactées par la crise du Covid-19, selon le FMI

« La pandémie de Covid-19 menace d’effacer les gains obtenus sur le plan des possibilités économiques offertes aux femmes, creusant les écarts qui persistent entre les sexes en dépit de 30 ans de progrès. » Dans une note signée de sa Directrice Générale, Kristalina Georgieva, et de trois de ses analystes, le Fonds Monétaire International (FMI) a alerté fin juillet sur les « conséquences différenciées » du Covid-19 sur les femmes et les hommes.

L’organisme identifie quatre explications. Premièrement, « les femmes tendent davantage que les hommes à travailler dans les secteurs sociaux tels les services, la distribution, le tourisme et l’hôtellerie, qui exigent des échanges en face à face », relève l’organisme. Ces secteurs sont les plus touchés par la distanciation physique et les mesures d’atténuation.

Deuxièmement, « dans les pays à faible revenu, les femmes tendent plus à travailler dans le secteur informel ». Ce dernier implique un salaire moins élevé et l’absence de protection du droit du travail et de sécurité sociale. L’arrêt des activités économiques a donc eu un effet important sur ces populations.

Troisièmement, « les femmes tendent à effectuer davantage de tâches ménagères non rémunérées que les hommes, près de 2,7 heures de plus par jour pour être exact ». Ainsi, les responsabilités familiales freinent considérablement leur retour au travail. Par exemple, « parmi les parents qui ont au moins un enfant de moins de 6 ans, les hommes sont environ trois fois plus susceptibles d’être retournés au travail que les femmes ».

Enfin, « la pandémie a exposé les femmes à un risque accru de perte de capital humain. Dans de nombreux pays en développement, les jeunes filles sont contraintes de quitter l’école et de travailler pour compléter les revenus du ménage. » En Inde, par exemple, depuis le début du confinement, les principaux sites internet de rencontres en vue d’un mariage ont enregistré une hausse de 30 % des inscriptions « car les familles arrangent des mariages pour assurer l’avenir de leurs filles ».

Le FMI plaide ainsi pour que les dirigeants de la planète déploient des mesures pour limiter les effets traumatisants de la pandémie sur les femmes : aide au revenu, incitations pour équilibrer les responsabilités familiales et professionnelles, amélioration de l’accès aux soins et à la contraception…

À plus long terme, les États devront mettre en place des politiques publiques « pour résorber les inégalités entre les femmes et les hommes en créant des conditions propices et des incitations au travail des femmes ».

 

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