L’épidémie submerge l’Inde et recule en Europe

L’émergence d’un variant dit indien semble être à l’origine d’une violente recrudescence de l’épidémie en Inde. En Europe, l’heure est au déconfinement prudent, alors que la vaccination s’accélère. Le Maroc quant à lui, après un net ralentissement, reprend l’administration de doses de vaccins à un rythme plus élevé.

Les yeux du monde se sont tournés ces dernières semaines vers l’Inde, qui a connu une recrudescence spectaculaire de l’épidémie de nouveau coronavirus sur son sol. Le système de santé du deuxième pays le plus peuplé de la planète s’est retrouvé submergé, faisant face à des pénuries d’oxygène, un gaz indispensable pour traiter les malades sévères de la Covid-19. Samedi 8 mai 2021, le pays a enregistré un bilan supérieur à 4 000 morts pour la première fois, et de 400 000 contaminations en 24 heures, des chiffres certainement très sous-évalués. Depuis le début de l’épidémie, près de 23 millions de cas et 250 000 morts ont été recensés en Inde, au 11 mai dernier.

Alors que le pays comptabilisait un nombre de contaminations très bas depuis plusieurs mois, l’épidémie semble être repartie notamment en raison de l’apparition d’un variant dit indien, plus contagieux. L’Inde est officiellement le second pays le plus touché, après les États-Unis et devant le Brésil. Ce dernier est aussi confronté à un fort regain de l’épidémie et enregistre le deuxième plus grand nombre de décès, près de 423 000, après les États-Unis et devant l’Inde.

L’économie française se maintient au premier trimestre

En Europe, après une vague de contaminations au début de l’année, la tendance est au reflux de l’épidémie. Le 15 avril dernier, la France a dépassé la barre des 100 000 décès, mais a entamé, début mai, un déconfinement progressif. Au Royaume-Uni, l’un des pays les plus en avance sur la vaccination, mais aussi parmi les plus endeuillés, de nombreuses restrictions vont encore être levées au cours de ce mois de mai et les bars et restaurants devraient notamment pouvoir bientôt servir à l’intérieur.

L’Union européenne, principale partenaire économique du Maroc, a néanmoins continué à pâtir de l’épidémie au premier trimestre, selon des statistiques relayées par l’AFP. Les trois premiers mois de l’année, le PIB a reculé de 1,7 % en Allemagne, de 0,4 % en Italie, de 0,5 % en Espagne et de 3,3 % au Portugal. À l’échelle de la zone euro, le recul a été de 0,6 %. L’économie française, de son côté, a mieux tenu, avec une hausse de 0,4 %. Les progrès de la vaccination et la levée des restrictions devraient toutefois annoncer des jours meilleurs. En France, par exemple, près de 25 millions de doses ont été administrées, ce qui correspond à 38 doses pour 100 habitants, selon les données synthétisées par le New York Times.

À l’échelle mondiale, les doses de vaccins continuent en revanche d’être accaparées par les pays les plus riches. Alors qu’ils avaient jusque-là sévèrement limité les exportations de leurs doses, les États-Unis se sont néanmoins dits favorables, début mai, à une levée des brevets sur les vaccins. Cette annonce, que la France a appuyée, doit encore être concrétisée, tandis que les laboratoires pharmaceutiques y sont opposés.

Livraisons de doses du vaccin de Sinopharm au Maroc

Au Maroc, la campagne de vaccination a d’ailleurs connu une nette décélération, apparemment due au ralentissement des livraisons de vaccins. Le Royaume a en effet reçu jusqu’ici des doses de la part du laboratoire chinois Sinopharm ainsi que du laboratoire indien Serum Institute of India (SII) qui produit le vaccin d’AstraZeneca et de l’Université d’Oxford sous licence. D’autres doses ont aussi été livrées dans le cadre du dispositif Covax coordonné par l’Organisation mondiale de la Santé et destiné aux pays pauvres. Mais l’Inde a, à son tour, limité les exportations pour accélérer la vaccination sur son territoire devant l’accélération de l’épidémie.

À partir de fin avril, en revanche, plusieurs livraisons de Sinopharm ont permis d’augmenter le rythme d’administration des doses à la population marocaine. Le 11 mai dernier, 5,7 millions de personnes avaient reçu une première dose et 4,4 millions une deuxième dose. Ces progrès ont permis aux autorités d’élargir le champ des personnes pouvant bénéficier d’un vaccin aux plus de 55 ans le 27 avril dernier, puis au plus de 50 ans le 8 mai. L’épidémie, bien que toujours active sur le territoire, semble être restée à des niveaux relativement contrôlés ces dernières semaines, selon les statistiques officielles.

De nombreuses restrictions restent néanmoins en place, en matière de déplacement ou d’ouverture des commerces, bridant ainsi l’activité économique. Pendant le mois sacré de ramadan, le couvre-feu imposé de 20 h à 6 h a quasiment empêché totalement aux restaurants et cafés d’ouvrir. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a dévoilé le 3 mai dernier les statistiques de l’emploi pour le premier trimestre 2021. Par rapport au premier trimestre 2020, le Maroc a perdu 202 000 postes d’emploi. Le taux de chômage est passé de 10,5 % à 12,5 %.

 

Rémy Pigaglio

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