L’enquête PNEA met en lumière les profondes lacunes de l’enseignement public

L’Instance Nationale d’Évaluation (INE) auprès du Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique (CSEFRS) vient de publier un rapport qui met en lumière de manière spectaculaire les profondes lacunes de l’enseignement de primaire et de collège, en particulier dans le secteur public.

Le travail d’enquête de ce Programme National d’Évaluation des Acquis (PNEA-2019) a été réalisé en 2019 et a porté sur les élèves de la 6e année du primaire et de la 3e année du secondaire collégial. Dans la totalité des matières, les auteurs ont relevé un niveau largement insuffisant et des écarts importants entre les secteurs public et privé.

En arabe, par exemple, 65 % des élèves des écoles privées maîtrisent pratiquement tout le programme d’arabe prescrit en 6e année primaire, contre 42 % des élèves des écoles publiques. Les résultats sont sensiblement les mêmes au collège. En français, les écarts sont encore plus importants. Ainsi, 62 % des élèves des collèges privés maîtrisent pratiquement la totalité du programme de 3e année secondaire, contre seulement 8 % des élèves des collèges publics.

En mathématiques et en sciences, l’écart est réel, mais moins important que dans les matières linguistiques au niveau du primaire, mais il s’accentue nettement au niveau du collège. La Directrice de l’INE Rahma Bourqia, citée par l’hebdomadaire Telquel, a indiqué lors de la présentation du rapport que la différence entre le privé et le publie « équivaut à un écart de scolarité de quatre ans ».

Les auteurs expliquent ces différences entre public et privé notamment par l’origine socio-économique des élèves. Ils se penchent aussi sur d’autres facteurs de performance dans les écoles publiques : environnement physique de l’école (eau, électricité, toilettes…), utilisation des outils numériques, pratiques éducatives, activités parascolaires, violence, formation des enseignants…

En conclusion, ils estiment que ces « résultats reflètent une faiblesse notoire au niveau des acquis chez une bonne partie des élèves à l’enseignement fondamental, à des degrés variés, en langues, en mathématiques et en sciences ». Il soulignent en outre le fait qu’un tiers des élèves n’arrive pas à suivre les programmes prescrits et que la pandémie a encore complexifié la situation. Les auteurs prônent ainsi une « réforme profonde » de l’enseignement fondamental, en évoquant une série de pistes d’amélioration, tout en dressant le constat que l’école est actuellement « une machine à reproduire les inégalités au sein de la société ».

 

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