Le point sur la crise du Covid-19 au Maroc

Alors que près de 900 000 salariés ont été déclarés en arrêt de travail en avril à cause de la crise, les constructeurs automobile Renault et PSA ont annoncé le redémarrage de leurs usines au Maroc. Selon la Commission européenne, l’UE subira une récession de 7,5 % en 2020.

À deux semaines de la fin programmée de l’état d’urgence sanitaire, le Maroc maintient toujours l’ensemble des mesures destinées à freiner la propagation du coronavirus Covid-19 sur le territoire.

Avec 5 661 cas confirmés de personnes contaminées le 8 mai à 10h, dont 185 sont décédées et 2 302 ont guéri, l’épidémie poursuit sa progression à un rythme modéré. Invité jeudi 30 avril sur 2M, le Ministre de la Santé a indiqué, selon une traduction effectuée par l’hebdomadaire TelQuel, que les mesures mises en place dans le cadre de l’état d’urgence ont permis de ralentir l’épidémie. Mais « nous devons rester sur nos gardes », a insisté le Ministre, pour qui les conditions ne sont pas réunies pour un déconfinement.

Un employé sur trois arrêté à cause de la crise

Si l’activité tourne toujours au ralenti, le constructeur automobile PSA a annoncé que son usine de Kénitra a redémarré la production mercredi 6 mai. Renault, de son côté, avait déclaré dès la mi-avril se préparer à un « redémarrage partiel et progressif » de ses sites de Casablanca et de Tanger. Les deux constructeurs ont assuré avoir pris toutes les mesures nécessaires pour protéger leurs salariés, alors que plusieurs foyers de contamination sont apparus dans des usines au Maroc ces dernières semaines.

Malgré le redémarrage des unités automobiles, dont le secteur domine les exportations du Royaume, l’impact de la crise sur le commerce extérieur devrait être considérable. L’Office des Changes a indiqué fin avril que les importations et les exportations du pays avaient baissé respectivement de 5,1 % et de 10,6 % au premier trimestre 2020, alors que la crise ne faisait que débuter, par rapport au premier trimestre 2019.

Le Ministre du Travail et de l’Insertion Professionnelle, Mohamed Amekraz, a évoqué, lundi 4 mai devant la Chambre des représentants, l’impact de la crise sur l’emploi dans le pays. Il a notamment précisé que, au titre du mois d’avril, 900 000 salariés enregistrés à la CNSS appartenant à 134 000 entreprises ont été déclarés en arrêt de travail. Selon Mohamed Amekraz, ils étaient près de 800 000 en mars sur 2,6 millions de salariés déclarés à la CNSS. « Cela veut dire qu’un employé sur trois a arrêté de travailler en mars », souligne le Ministre, pour mesurer l’ampleur des difficultés.

Donald Trump veut « rouvrir » les États-Unis

Sur le plan international, l’Office européen des statistiques Eurostat a indiqué jeudi 30 avril que le PIB de la zone euro, principal partenaire commercial du Maroc, a reculé de 3,8 % au premier trimestre. Mercredi 6 mai, la Commission européenne a diffusé de son côté ses prévisions économiques, très pessimistes, du printemps 2020. L’exécutif européen prévoit une contraction de 7,5 % du PIB de l’Union européenne en 2020 et estime que « l’économie de l’UE ne devrait pas récupérer entièrement d’ici la fin de l’année 2021 le terrain perdu cette année », avec une croissance de 6 % l’an prochain. Sur le front scientifique, l’UE a annoncé lundi avoir recueilli 7,4 milliards d’euros pour financer la recherche sur le Covid-19, en particulier l’élaboration d’un vaccin.

Alors que l’épidémie ralentit dans le monde, la plupart des pays qui avaient décidé des mesures de confinement ont autorisé une reprise partielle des activités jusque-là interrompues, notamment pour limiter la crise économique. Aux États-Unis, qui sont toujours de loin le premier pays touché avec plus de 70 000 décès, le président Donald Trump a appelé à « ouvrir » le pays bien que l’épidémie y soit encore en phase active. Avec 30 000 morts, le Royaume-Uni est devenu le deuxième pays le plus affecté par le Covid-19, devant l’Italie.

 

Rémy Pigaglio

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