Le Maroc parmi les pays les plus exposés à la taxe carbone de l’UE

L’Agence Française de Développement (AFD) s’est penchée, dans un papier de recherche récemment publié, sur l’impact sur les économies en développement, partenaires de l’Union européenne de la taxe carbone aux frontières (le mécanisme d’ajustement aux frontières du carbone, ou CBAM en anglais) qu’elle est sur le point de mettre en place. Le mécanisme a pour objectif de limiter les importations intenses en carbone et d’inciter les pays partenaires à effectuer une transition vers une économie verte.

Les auteurs du document, baptisé « Les effets du CBAM sur les partenaires commerciaux de l’UE : conséquences pour les pays en développement », ont déterminé que certaines économies en développement verraient plus de 2 % de leurs exportations et 1 % de leur production affectées par cette mesure. Les économies d’Europe de l’Est (principalement dans les Balkans), le Mozambique, le Zimbabwe et le Cameroun sont les pays dont les exportations sont les plus exposées. Mais le Maroc et le Tadjikistan sont aussi à risque, « en termes socio-économiques », précise le document, c’est-à-dire du point de vue de l’impact sur des industries qui génèrent des emplois bien rémunérés. Parmi tous ces pays, le Mozambique serait le plus impacté, car 20 % de ses exportations sont constituées d’aluminium envoyé dans l’UE. Les auteurs expliquent que « l’introduction de ce type de mesures peut générer des contraintes externes et socio-économiques sur ces pays, car ils disposent d’une faible capacité à adapter leur structure productive. En effet, réaliser la transition d’une industrie fortement carbonée à une industrie verte, ainsi que les évolutions technologiques au sein de ces industries, demande d’importants investissements qui sont coûteux pour ces économies ». Ils évoquent également la possibilité d’utiliser les recettes générées par le mécanisme pour accompagner les pays en développement dans leur transition vers une économie verte.

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