Le FMI s’inquiète des effets de l’inflation sur la région MENA

Les effets de la crise du Covid-19 et de la guerre en Ukraine continuent de perturber l’économie mondiale, avec notamment une multiplication des pénuries pour des produits tels que les semi-conducteurs destinés aux appareils électroniques ou encore l’huile dans le secteur agroalimentaire.

Fin mai, le Fonds Monétaire International (FMI) s’est ainsi penché sur les pénuries de produits de base et les risques qu’elles présentent dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. L’institution constate que la guerre en Ukraine et les sanctions qui l’accompagnent « ont entraîné une envolée des cours des produits de base qui aggrave les difficultés déjà rencontrées » par ces pays, « en particulier les importateurs de pétrole ». Le FMI s’attend à ce que les cours du baril atteignent en moyenne 107 dollars en 2022, contre 38 dollars en 2021. De même, les prix des denrées alimentaires devraient augmenter de 14 % en 2022, « après avoir atteint des sommets historiques en 2021 ».

Dans la région Moyen-Orient – Afrique du Nord, l’inflation devrait atteindre 13,9 % en 2022. « Globalement, les hausses des prix alimentaires et les risques de pénuries de blé pénalisent davantage les pauvres, qui consacrent une part supérieure de leurs dépenses à l’alimentation. Ce contexte accentuera la pauvreté et les inégalités, mais aussi les risques de troubles sociaux », s’inquiète l’institution. Le FMI indique qu’en réaction, les pays ont pu adopter des mesures ciblées ou de nouvelles subventions ou encore ont mis en place davantage de contrôles des prix, ce qui « ne fera qu’aggraver les déséquilibres budgétaires ».

Dans les pays importateurs de pétrole, l’augmentation des subventions pourrait en effet atteindre 22 milliards de dollars en 2022. Les auteurs de la note évoquent les solutions qui pourraient être adoptées selon eux, notamment le relèvement des taux directeurs.

S’agissant des risques d’insécurité alimentaire, ils soulignent que la région est dépendante des importations de blé de Russie et d’Ukraine et conseillent de mettre en place « des transferts ciblés, temporaires et transparents » pour protéger les ménages les plus vulnérables. « Dans les pays où les filets de sécurité sont moins solides, les prix pourraient être augmentés de manière progressive », ajoutent les auteurs, qui demandent un soutien financier de longue durée de la communauté internationale pour les pays à faibles revenus. Comme il est de coutume, le FMI recommande de « poursuivre les réformes structurelles » afin de mieux encaisser les chocs macroéconomiques.

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