Le digital au service de la Supply Chain.

par Frédéric GOUX, Solucom, Directeur Associé.

 

Aujourd’hui omniprésent dans notre quotidien, le digital est plus ou moins développé dans les entreprises. Très utilisé dans le domaine de la relation client, il reste plus confidentiel sur les autres métiers. La supply chain, fonction stratégique de l’entreprise, n’échappe pas à ce constat. Les technologies digitales offrent pourtant différentes solutions qui permettent de répondre aux enjeux supply chain des entreprises ainsi qu’aux attentes du marché.

Dans un contexte de pression permanente sur la qualité de service et les coûts, la fonction supply chain exploite peu les nouvelles possibilités offertes par le digital qui permettent pourtant de répondre à des enjeux clés.

D’une part, un meilleur pilotage de la performance. Celui-ci est rendu possible par un meilleur partage de l’information entre les acteurs liés à l’entreprise, mais aussi par la généralisation de technologies qui permettent d’atteindre des niveaux de service élevés.

D’autre part, une meilleure gestion des coûts liés à la supply chain. Une meilleure anticipation de la demande, la mise en place de systèmes de suivi en temps réel des flux physiques, ou des possibilités de mutualisation permettent d’atteindre cet objectif.

 

Le digital couvre des champs d’application très larges

La digitalisation concerne différentes composantes de la supply chain, pour des résultats probants. Au service de la planification, le Big data offre un champ insoupçonné en termes d’analyses de données à la plupart des entreprises. Ainsi, les données issues des objets connectés et du partage de plus en plus massif d’informations sur les consommateurs via internet, fournissent des informations essentielles sur le plan industriel et commercial. Et bien au-delà des modèles de prévisions actuels, basés principalement sur des historiques, il permet également une meilleure connaissance des usages et des attentes clients et in fine une meilleure anticipation de la demande.

Au service de la collaboration, le digital facilite le partage d’information entre les différentes parties prenantes, internes (ex : Marketing, ADV, Opérations) et externes (ex : fournisseurs). C’est aujourd’hui l’aspect le plus mature au sein des entreprises. Un leader français de la cosmétique a ainsi mis en œuvre des solutions logicielles Cloud, afin d’offrir à ses fournisseurs une vision consolidée de sa supply chain amont. Les prévisions de consommation sont partagées avec les fournisseurs pour obtenir une confirmation immédiate de leurs capacités d’approvisionnement.

Au service de la maintenance, l’émergence de bases de données communes transverses à l’entreprise permet, outre une homogénéisation des nomenclatures, une simplification des approvisionnements en pièces de rechanges. En parallèle, les équipements connectés peuvent désormais communiquer en temps réel leurs dysfonctionnements ou taux d’usure afin d’anticiper les actes de maintenance, commander directement des rechanges, ou encore permettre des statistiques à l’échelle mondiale, comme le pratique un équipementier aéronautique mondial avec ses moteurs d’avion communicants.

Au service de la distribution, la digitalisation de la supply chain ouvre la voie à l’omnicanal et à la traçabilité des produits. Commander un article sur internet, visualiser sa disponibilité dans divers boutiques, décider de s’y rendre soi-même, ou de se faire livrer au dernier moment, etc.Le digital permet de répondre à des contraintes toujours plus fortes sur la supply chain, liées à une clientèle de plus en plus exigeante et adepte des nouveaux moyens de communication.

 

Une maturité encore limitée

De nombreux freins, internes à l’entreprise, limitent encore néanmoins la mise en œuvre des technologies digitales.

Afin d’être efficace, la transformation digitale ne peut pas se faire de façon cloisonnée, sans réflexion amont stratégique. Il s’agit notamment d’éviter des investissements redondants, ou l’impossibilité d’échanger efficacement des données entre différents systèmes numériques. Or, le manque de vision, de sponsorship du management et de transversalité des réflexions sont parmi les principaux freins identifiés aujourd’hui.

L’expérience montre que les DSI donnent généralement l’élan pour une digitalisation des fonctions métiers, y compris supply chain. Cela souligne un facteur de blocage, relatif au manque de compétences des acteurs métiers. De plus, les hésitations sont d’autant plus grandes que le digital implique d’investir dans des technologies coûteuses, soulevant des problématiques de stockage et de sécurité des données. La transformation digitale doit donc s’accompagner d’une montée en compétences forte des acteurs pour lever ces inquiétudes et également apporter des garanties à la fois sur les résultats et sur la sécurité de l’information.

Devenu un outil incontournable, le digital marque une révolution du point de vue métier et ancre les systèmes d’information au cœur des besoins des organisations supply chain. Cependant, le chemin est encore long, seul un tiers des entreprises ont franchi le pas vers une digitalisation de leur fonction supply chain. Un seul moyen de les convaincre d’adopter de nouvelles technologies : des résultats probants et rapides ! 

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