Le CESE se penche sur la politique de « transition énergétique » du Maroc

Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) a publié en juillet dernier un avis baptisé « Accélérer la transition énergétique pour installer le Maroc dans la croissance verte ». L’institution présidée par Ahmed Réda Chami dresse le bilan des politiques énergétiques mises en œuvre par le Royaume et émet une série de recommandations.

Il souligne, entre autres, le potentiel important du Maroc dans le domaine des énergies renouvelables, estimant que son exploitation « projetterait notre pays parmi les grands pays producteurs énergétiques, devant le Venezuela et juste derrière le Nigéria, avec une production annuelle équivalente à 86 MTep, soit environ 1,65 million de barils par jour ».

Le CESE dresse trois scénarios, dont le plus optimiste vise à réduire la dépendance énergétique du Royaume de 88 % actuellement à 17 % en 2050. Il juge que la stratégie énergétique lancée en 2009 a permis des avancées considérables. Elle a notamment eu pour résultat de porter à 42 % la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique en 2020 et de sécuriser l’approvisionnement en hydrocarbures. Malgré cela, le Conseil critique le choix de la technologie CSP adoptée pour les centrales solaires

de Ouarzazate, développées et gérées par l’agence publique Masen, qui était justifié par la capacité de stockage offerte. « Au regard des prix du PV [photovoltaïque] et de l’éolien, la technologie CSP s’avère dorénavant, malgré l’avantage du stockage, relativement chère et n’est plus justifiée à l’avenir et ce, d’autant plus que les niveaux d’intégration industrielle locale sont tellement bas, qu’ils ne permettent pas de justifier le surcoût », indiquent les auteurs de l’avis.

Ceux-ci relèvent aussi que le marché de l’hydrocarbure est dysfonctionnel, que les objectifs d’efficacité énergétique ont pris du retard ou encore que les entreprises publiques du secteur sont en situation de déséquilibre financier. « Concernant Masen, le déficit est estimé à 800 millions de dirhams par an des centrales Noor I, II, et III. Ce déficit est dû au gap entre les prix d’achat aux IPP [producteurs d’énergie indépendants] et les prix de vente à l’ONEE », décrit le CESE. Les auteurs émettent une longue série de recommandations, prônant notamment l’augmentation de la part de l’électricité verte, la mise en place d’un « transport en commun de qualité, massifié, propre, digitalisé et électrique », une réforme de la compensation du butane, le recours au dessalement de l’eau de mer ou encore le développement de l’hydrogène vert.

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