La Banque mondiale et le FMI examinent la réponse marocaine à la crise économique

Les deux institutions de Bretton Woods, la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI), se sont toutes deux penchées sur l’état de l’économie marocaine et les effets de la crise sanitaire de la Covid-19. Début janvier, la Banque mondiale a publié son document semi-annuel « Morocco Economic Report », baptisé « From Relief to Recovery ». Elle constate dans la synthèse du rapport que « le pays devrait subir la première récession depuis les années 1990 et la contraction économique qui a eu lieu au deuxième trimestre (coïncidant largement avec le confinement) est la plus importante jamais enregistrée ». Pour la Banque mondiale, cette situation est due à la crise provoquée par l’épidémie de Covid-19 et aux effets des « conditions climatiques défavorables » sur la production agricole.

L’enquête réalisée par la Banque mondiale montre l’étendue de la crise économique. 6,1 % des entreprises du secteur formel auraient cessé leurs activités, 86,9 % signalent une baisse des ventes de 50,4 % en moyenne par rapport à leur niveau prépandémique. Si elle perçoit des signes de reprise, l’institution juge la situation « fragile » compte tenu de la dégradation du contexte épidémiologique (le rapport est consacré à l’automne 2020). Elle estime néanmoins que, malgré « la gravité de la crise, le Maroc est mieux placé que d’autres économies émergentes pour résister à cette tempête grâce à la crédibilité de son cadre macro-budgétaire, à ses tampons extérieurs importants et à son accès aisé aux marchés financiers internationaux ». La Banque mondiale s’attend à une croissance de 4 % en 2021, après une récession évaluée à -6,3 % en 2020.

Même si la pression sur les finances publiques est de plus en plus forte, l’institution juge par ailleurs la stratégie de relance « ambitieuse » et relève que des réformes structurelles majeures ont été annoncées (généralisation de l’assurance maladie, rationalisation du vaste réseau des entreprises publiques…). Elle estime aussi que « la crise actuelle ouvre une fenêtre d’opportunité pour éliminer les contraintes qui, dans le passé, ont limité le développement d’un secteur privé plus dynamique ». Elle cite notamment l’impératif d’injecter, à court terme, des capitaux propres dans les entreprises et, à long terme, la nécessité de stimuler la concurrence ou encore de mettre en place des politiques industrielles appropriées.

De son côté, le FMI a publié début janvier le rapport rédigé suite à la mission effectuée par les équipes de l’institution à l’automne (voir Conjoncture 1031), dans le cadre de l’article IV de ses statuts qui prévoit un contrôle du régime de change des États membres. Dans un communiqué de presse, le Conseil d’administration de l’institution juge que « la prompte réponse des autorités marocaines a contribué à limiter les conséquences de la pandémie ». Comme la Banque mondiale, le FMI appuie les réformes annoncées tout en émettant quelques recommandations, notamment la poursuite d’une politique monétaire accommodante de la part de Bank Al-Maghrib. Il s’attend, pour sa part, à une croissance de 4,5 % en 2021, après une récession estimée à -7,2 % en 2020.

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