Jaouad Hamri : « Le Maroc a tous les atouts pour devenir un véritable hub régional. »

La revue Conjoncture du mois de février reçoit ce mois-ci Jaouad Hamri, Directeur de l’Office des Changes. Extraits.

Conjoncture : Jaouad Hamri, comment expliquez-vous le succès de l’opération « contribution libératoire » et ça a rapporté combien à l’Etat pour l’instant ?

Jaouad Hamri : La Confiance. La confiance placée par les marocains dans leur pays et son économie. La confiance mutuelle entre Administration, banques et médias. La confiance a été le maître-mot durant toute cette opération.

La contribution libératoire a été l’occasion de montrer la parfaite synergie entre la DGI et l’Office des Changes sous la tutelle du Ministre de l’Economie et des Finances. Elle a montré également la forte implication du secteur bancaire à travers les campagnes de communication menées par plusieurs banques en faveur de la mesure et surtout la grande réactivité dont a fait preuve l’Office des Changes par des circulaires, lettres, guides de place, FAQ, en vue de répondre à toutes les interrogations des banques et de leurs clients

D’un autre côté, nous avons bénéficié d’une conjoncture internationale très favorable notamment grâce aux décisions de l’OCDE en faveur de la transparence fiscale internationale.

Conjoncture : En résumé, vous avez réussi à ramener une grande partie des « fraudeurs » dans l’économie marocaine, comment imaginez-vous la suite ? Est-ce que cela veut dire que cette période où certains essayaient de « passer entre les gouttes » est révolue ? Et quelles seront maintenant les règles et les sanctions pour les contrevenants ? Et aurez-vous les moyens de « surveiller » les investissements marocains à l’étranger ?

Jaouad Hamri : Sans parler de fraudeurs, la contribution libératoire a été une opération qui a permis à des personnes en infraction à la réglementation des changes de pouvoir régulariser leur situation vis-à-vis de la législation et de la réglementation marocaines. En matière d’avoirs à l’étranger, les infractions sont de deux types : des infractions pour constitution irrégulière d’avoirs à l’étranger ou, tout simplement, des infractions pour défaut de déclaration.

Ceci dit, dire que la période où certains essayaient de passer entre les mailles du filet est révolue serait très optimiste, mais nous travaillons pour que les possibilités pour que des contrevenants puissent éviter d’être identifiés soient réduites au maximum.

Nous avons un système d’information très performant qui permet aux équipes du contrôle sur pièces et sur place de disposer d’informations « fraîches » et fiables et ce, sans aborder le flux d’informations qui nous parviendront suite à l’activation des échanges d’informations mis en place par les différents accords bilatéraux et multilatéraux.

Conjoncture : Le Maroc est très offensif à l’export et le terme de « hub » est très souvent utilisé notamment pour le développement vers les marchés africains, est-ce que tout ça n’est pas un peu rapide ? Le système financier marocain est-il prêt pour faciliter le développement des entreprises marocaines à l’étranger et rassurer des investisseurs chinois, russes, étrangers en général ?

Jaouad Hamri : Le Maroc a tous les atouts pour devenir un véritable hub régional et une véritable plateforme tournée vers l’Afrique. A cet égard, la réglementation marocaine des changes constitue un des arguments les plus importants dans l’offre marocaine.

Il faut préciser que les investissements étrangers au Maroc bénéficient d’un régime de convertibilité depuis 1988. Ce régime garantit trois libertés fondamentales qui sont recherchées par tout investisseur étranger, à savoir :

la liberté d’investir ;

la liberté de transférer les revenus d’investissement ;

et la liberté de transférer le produit de cession de l’investissement (plus-value comprise).

D’un autre côté, nous accordons une attention particulière aux opérations d’investissement et d’exportation, effectuées sur le continent africain et nous restons très attentifs aux attentes des opérateurs, ce qui nous permet d’être très réactifs.

Retrouvez la suite de cette interview et les nouvelles mesures 2015 de l’Office des Changes dans le numéro de février de Conjoncture réservé aux adhérents de la CFCIM.

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