Jamal Lemridi : « Pour une entreprise qui en a les possibilités, ne pas se développer en Afrique dès maintenant, c’est risquer de voir le terrain déjà investi par les autres. »

Conjoncture.info a rencontré l’un des participants et exposants au Forum de Partenariat Maroc-France, Jamal Lemridi, Directeur Général du Crédit du Maroc.

Conjoncture.info : Quel est votre bilan de ce Forum de Partenariat Maroc-France ?

Jamal Lemridi : Très positif. J’ai participé à quelques ateliers très intéressants et à la table ronde sur le climat des affaires au Maroc et j’ai constaté, sur notre stand, un intérêt des entreprises françaises pour les offres du Crédit du Maroc. Nous avons d’ailleurs pris beaucoup de contacts. Le Maroc présente un environnement très accueillant pour les entreprises étrangères. L’investissement direct étranger est très important, ne l’oublions pas, car il est créateur d’emplois et de richesse.

Conjoncture.info : La démarche export des entreprises françaises est-elle en train de changer ?

Jamal Lemridi : Oui, c’est un fait. Pendant de très nombreuses années, les entreprises françaises s’intéressaient au Maroc en tant que débouché pour leur production. On cherchait des clients avant tout. Depuis peu, le Maroc est considéré comme une plateforme d’investissement pas seulement pour gagner des parts sur le marché marocain mais pour exporter en Afrique de l’Ouest. Les liens entre le Maroc et les pays d’Afrique francophone sont historiques, se renforcent depuis quelques années et sont devenus très encourageants pour les entreprises françaises. Une société française qui vient au Maroc pense maintenant à investir, à produire et elle dispose de différents avantages, dont les infrastructures comme les parcs industriels et les conventions d’investissement pour les grands projets. D’ailleurs, je voudrais rappeler que le Crédit du Maroc est actionnaire et bailleur de fonds des Parcs Industriels de la CFCIM et que c’est pour nous aussi une vraie success-story qui a répondu aux demandes d’un grand nombre d’entreprises françaises et marocaines.

Conjoncture.info : Cette démarche à l’export vers l’Afrique « basée » au Maroc est-elle perceptible en France dans votre maison-mère, le Crédit Agricole et LCL ?

Jamal Lemridi : Certaines entreprises clientes des caisses régionales du Crédit Agricole ou de LCL montrent leur intérêt pour le Maroc et nous organisons des « matinales Maroc », des réunions au bénéfice des PME et TPE avec la participation de l’Office des Changes ou de l’AMDI pour mettre l’accent sur les avantages qu’offre le Royaume, conseiller les investisseurs et répondre à toutes les questions sur le Maroc comme nouveau « hub » africain.

Conjoncture.info : Parlons des entreprises marocaines qui exportent vers la France ou vers l’Afrique subsaharienne. Exporter peut s’avérer très coûteux, qu’en-est-il du risque crédit par exemple ?

Jamal Lemridi : Il est minime. En général, une entreprise marocaine qui réussit à percer à l’export est une entreprise qui va bien, performante et compétitive. Accompagner les entreprises marocaines qui cherchent à investir à l’étranger s’inscrit dans la stratégie du Crédit du Maroc et par comparaison avec beaucoup d’autres banques marocaines, nous sommes très bien placés pour le faire grâce à la présence de notre maison-mère dans plus de 70 pays à travers le monde .

Conjoncture.info : Quelle est justement votre offre pour accompagner les entreprises marocaines ou françaises en Afrique ?

Jamal Lemridi : Le groupe n’a pas directement d’implantations en Afrique subsaharienne mais nous avons des conventions avec de grands groupes bancaires dans tous les pays. Nous avons donc les moyens d’accompagner nos clients qui entretiennent des relations commerciales avec les autres pays d’Afrique. Nous avons notamment développé des produits pour les opérateurs de commerce international basés sur la dématérialisation. Le Crédit du Maroc est d’ailleurs la seule banque marocaine qui peut proposer à ses clients une chaîne de traitement totalement dématérialisée jusqu’à la signature électronique. Enfin, nous avons créé un desk international avec une équipe dédiée pour l’accueil des investisseurs étrangers. Nos collaborateurs mettent leur expertise au service des entreprises marocaines ou françaises qui investissent au Maroc et les assistent dans la recherche de débouchés dans notre pays et dans les autres pays d’Afrique.

Conjoncture.info : Une question au banquier pour terminer. Parlons de développement en Afrique des entreprises marocaines. Faut-il attendre que les projets de croissance des différents marchés se matérialisent ou faut-il y aller tout de suite ?

Jamal Lemridi : Incontestablement y aller tout de suite ! Attendre, c’est risquer de voir le terrain déjà investi par les autres. L’Afrique est un continent prometteur en termes de talents et de ressources, et le Maroc a un rôle important à jouer.

Propos recueillis par Franck Mathiau

 

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