Interview d’Emmanuel Cheriet, Directeur d’Orange Cyberdefense Maroc

« Nous voulons faire du Maroc notre hub pour nous déployer en Afrique »

Emmanuel Cheriet3 questions à Emmanuel Cheriet, Directeur d’Orange Cyberdefense Maroc 

Conjoncture : Pourquoi Orange Cyberdefense a-t-il décidé de s’implanter au Maroc ?

Emmanuel Cheriet : Orange Cyberdefense est leader en France depuis trois ans et fait partie des leaders en Europe. Dans le cadre de notre développement, nous nous orientons vers l’international. Orange est déjà présent au Maroc en tant qu’opérateur mobile, c’est donc un pays important pour le groupe. Par ailleurs, le Maroc a l’activité cybersécurité la plus développée de toute l’Afrique francophone. C’est également un hub vers l’Afrique, notamment francophone, car le pays a signé plus de 500 accords économiques avec les États du continent.

Pour déterminer le potentiel du Maroc, nous nous sommes appuyés sur différentes études. Au niveau mondial, en moyenne 4 % des budgets IT sont consacrés à la cybersécurité. Au Maroc, ce pourcentage se monte à 11 %. En France, la croissance du secteur est de 8 % et au Maroc, elle se situe aux alentours de 15 %. C’est une tendance que l’on peut trouver en Afrique. Selon le rapport Africa Cyber Security Market, le marché de la cybersécurité devrait passer de 1,33 milliard de dollars en 2017 à 2,32 milliards de dollars en 2020.

Quels sont les objectifs d’Orange Cyberdefense Maroc ?

D’abord, nous voulons accompagner le groupe Orange dans son développement vers l’Afrique. Ensuite, notre objectif est d’être leader en Afrique francophone. Au Maroc, nous souhaitons y arriver d’ici trois ans grâce à notre positionnement de spécialiste sur la cybersécurité. Il existe en effet beaucoup d’entreprises IT généralistes, mais peu de spécialistes. Nous allons proposer les mêmes services qu’en France : conseil, audit, intégration de solutions de sécurité, détection d’incidents de sécurité…

Nous comptons recruter 50 collaborateurs au Maroc d’ici deux à trois ans, à Casablanca et à Rabat (15 à 20 d’ici à la fin 2019). L’idée est que le Maroc soit une plateforme qui permette le déploiement de ressources vers l’Afrique. Ainsi, nous n’ouvrirons pas de bureaux dans les autres pays de la zone et nous nous appuierons sur les équipes Orange locales.

En quoi consistent les partenariats que vous allez nouer avec certaines grandes écoles ?

Il existe un déficit de ressources humaines en cybersécurité en France et dans d’autres pays. Pourtant, le secteur va se développer à l’avenir avec le développement de la digitalisation, le besoin de sécurité sera plus important. En France, nous collaborons avec des universités et des grandes écoles d’ingénieurs : nous les accompagnons pendant les formations et nos intervenants y dispensent des cours. Nous travaillons avec les équipes professorales pour construire un discours et du contenu cybersécurité. Enfin, nous avons une facilité pour proposer des embauches en sortie des écoles avec lesquelles nous coopérons.

Nous prévoyons de rencontrer des établissements au Maroc en début d’année. Je ne peux pas encore en citer, nous réalisons un benchmark pour voir quelles écoles ont un cursus qui correspond le mieux à ce que nous recherchons.

 

Propos recueillis par Rémy Pigaglio

 

Articles à la une