Hakima El HAITE, Ministre déléguée chargée de l’Environnement est l'invitée de Conjoncture ce mois-ci.

Conjoncture reçoit ce mois-ci, Hakima El HAITE, Ministre déléguée chargée de l’Environnement. Extraits.

Conjoncture : A l’horizon 2020, le Maroc, qui entend investir plusieurs milliards de dollars dans l’énergie thermo-solaire, pourrait-il devenir, selon vous, le premier fournisseur d’énergie renouvelable en Afrique du Nord et l’un des principaux fournisseurs de l’Europe ? Le Maroc est un pays qui attire massivement les Investissements Directs Etrangers.

Hakima El HAITE : Le potentiel dont dispose le Maroc ainsi que les programmes et projets initiés dans le domaine de l’énergie permettra au Royaume du Maroc de se positionner à l’échelle régionale et internationale en tant qu’un bon producteur et fournisseur de l’énergie renouvelable.

La preuve c’est les objectifs énoncés dans le cadre de la stratégie nationale énergétique, notamment :

  • Réaliser 42 % de la puissance électrique installée à partir de sources renouvelables, dont 14 % en énergie solaire, 14 % en énergie éolienne et 14 % en énergie hydraulique d’ici 2020.
  • Installer à l’horizon 2030 une capacité supplémentaire de 3 900 MW en technologie de cycle combiné fonctionnant au gaz naturel importé.
  • Alimenter les principales industries en énergie par pipelines de gaz naturel importé et regazéifié.

 

Conjoncture : Le Maroc en tant qu’un des principaux fournisseurs d’électricité verte, vous y croyez ?

Hakima El HAITE : Le programme de centrales solaires photovoltaïques de tailles moyennes (20 à 30 MW) en bout de ligne, totalise une capacité de 400 MW. Sans compter les programmes de petite puissance visant le développement des énergies renouvelables à large échelle entre autres : pompage solaire et chauffe eau solaire.

Par ailleurs, le Maroc a profondément réformé son cadre juridique et institutionnel de façon à permettre la transition vers une économie verte. Diverses agences et fonds d’investissement ont été créés pour encadrer les projets. Les plus notoires sont

– la création de l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (Masen), responsable de la mise en œuvre du Plan solaire marocain intégré NOOR qui vise la valorisation de la ressource solaire sous tous ses aspects

– la création de la Société d’Investissement Energétique (SIE) pour la prise de participation dans des projets de partenariat public/privé en vue du développement des investissements privés dans les projets des Energies Renouvelables et de l’Efficacité Energétique ;

– l’établissement de l’Agence Nationale de Régulation de l’Énergie (ANRE), qui vise à la mise en œuvre des réglementations ;

– la création d’un Fonds de Développement Énergétique doté d’une enveloppe de 120 Million USD pour le soutien aux programmes de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique

 

Ce contexte très favorable à la fois par la stabilité de notre pays et l’ambition des programmes développés ont été à l’origine de l’attractivité pour un ensemble d’investissements directs étrangers multilatéraux et bilatéraux.

Conjoncture : Comment voyez-vous votre rôle de leadership vis-à-vis des pays africains en matière de développement des énergies renouvelables et des technologies ? Comment le Maroc œuvre-t-il pour promouvoir la coopération Sud-Sud ?

Hakima El HAITE : Par ailleurs, nous sommes convaincus que nos défis en matière d’environnement et de développement durable ne peuvent être relevés qu’à travers une solidarité régionale notamment dans le cadre de la coopération Sud-Sud. La coopération Sud-Sud représente, en effet, un pilier majeur et essentiel de l’intégration économique, dans la mesure où elle constitue un véritable levier de croissance pouvant offrir aux pays concernés, de réelles perspectives de développement. Inscrite au préambule de notre constitution et rappelée dans les derniers discours de SM le ROI MOHAMMED VI, la Coopération Sud-Sud fait l’objet d’une action marquée sur les plans politique, économique, technique et humanitaire.

Dans ce cadre, nous avons commencé à collaborer avec certains pays amis comme le Burundi, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire et le Sénégal sur des thématiques prioritaires de l’environnement et le développement durable telles que la gestion des déchets solides et liquides, la gestion des ressources naturelles et l’évaluation environnementale. Nous travaillons également dans le cadre d’une coopération triangulaire avec la République Fédérale d’Allemagne pour la mise en place d’un Centre d’excellence sur le Changement climatique qui devra servir de plateforme régionale d’échange et de renforcement des capacités dans le domaine des changements climatiques.

Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans le numéro d’octobre de la revue Conjoncture réservé aux adhérents de la CFCIM.

 

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