Générations Y et Z : la nouvelle ère du management ?

Que n’a-t-on entendu sur les générations Y (personnes nées dans les années 80/90) et maintenant la génération Z (personnes nées fin 90/2000) ! « Bras cassés, ingérables, passifs, paresseux, accros à leur portable, défaitistes, infidèles à l’entreprise, irrespectueux de l’autorité… ». La pire des générations à manager ?

igounencBruno Igounenc, Coach (certifié HEC), Fondateur et Président du cabinet EXPERIS

J’exagère un peu, beaucoup… mais, dans la réalité, les managers et responsables RH plus « anciens » (bien qu’encore jeunes), éprouvent souvent quelques difficultés à comprendre leurs jeunes recrues. Même si les générations ont l’habitude de s’opposer depuis des lustres, il semble que cette fois il se passe quelque chose de plus sérieux et, peut-être, de plus symptomatique d’un monde qui change.

Un comportement qui deviendra la norme
50 % de la population mondiale a moins de 30 ans, donc le comportement de la génération Y-Z deviendra la norme. Il y a d’ailleurs plus de points communs entre un jeune Marocain et un jeune Chinois, Français ou Indien, qu’entre un jeune Marocain et un Marocain de 55 ans. Il s’agit de la 1re génération numérique, « digital native », génération post-moderne, à l’aube d’une nouvelle ère dont on ne perçoit pas encore complètement les effets. Il s’agit aussi de la 1re génération omnisciente, car les connaissances sont à portée de clic ! Tout cela, et bien d’autres choses encore, change forcément le rapport à l’autorité, au père, à l’entreprise et sa hiérarchie. En fait, les jeunes arrivent souvent dans un monde professionnel conçu pour la compétition, où il faut faire sa place et où force, persévérance et diplôme dominent. L’entreprise présente, en outre, un cadre, une hiérarchie, un modèle de leadership qu’ils ne reconnaissent pas.

Des collaborateurs difficiles à fidéliser
Chez les générations X et Y, il existe un très fort turnover associé souvent à un phénomène de désengagement important. On parle d’ailleurs de bore-out, ou d’ennui au travail, et ce, malgré le fait qu’ils subissent des taux de chômage records. Et si cette génération, qui porte un regard différent sur l’entreprise et la société, était, justement, porteuse d’un nouveau modèle d’entreprise et de société ?

Quelques points fondamentaux pour mieux les cerner
À leurs yeux, il est important de faire passer :
– le pourquoi avant le comment ;
– la flexibilité avant la sécurité ;
– l’exemplarité avant le statutaire ;
– l’accomplissement personnel avant la réussite.
Les jeunes savent que l’entreprise ne leur offrira pas tout, donc il conçoivent leur vie professionnelle comme une succession d’expériences différentes qui font sens pour eux : « Qu’est-ce l’entreprise peut m’offrir comme expérience, apprentissage ? », etc.

Les Z, pires ou mieux que les Y ?
Alors que l’on commençait seulement à comprendre la génération Y, voilà que débarquent les Z ! Ils ne sont pas en opposition avec la génération précédente, comme c’est souvent le cas entre deux générations qui se suivent. Ils sont pires ou mieux et prolongent, dans tous les cas, cette nouvelle tendance. Les générations Z jugent l’entreprise comme « dure, cruelle, ressemblant à une jungle », comme s’en sont plaints leurs parents. Ils rêvent donc d’entreprendre, d’être leur propre patron. Ainsi, le rapport au travail change radicalement, car ils pensent : « C’est moi qui vais faire l’honneur de mettre mes compétences au service de l’entreprise ». Cela peut faire sourire, mais il s’agit d’une tendance lourde de société.
Vous en doutez ? Aujourd’hui, aux États-Unis, les free-lance sont plus nombreux que les travailleurs en CDI. La plupart des métiers qui existeront dans cinq ans n’existent pas encore. Les jeunes de la génération Z exerceront plus de cinq métiers dans leur vie et seront donc  artisans de leur vie et de leur formation. Ils compteront d’abord sur eux, puis ensuite sur l’entreprise qui saura leur apprendre le « plus ».
En résumé, sachons donc rester attentifs, inventifs, mais surtout souples et bienveillants !

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