Didier Vibert, Chargé des affaires internationales, NEGRI MAROC : "En Afrique, il est souvent difficile pour les PME de savoir où se situent les centres de décisions."

La Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM) a organisé, en collaboration avec la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCIT), une mission de prospection B to B multisectorielle du 7 au 12 juin 2015 à Lomé au Togo. Conjoncture.info a rencontré l’un des participants à cette mission B to B au Togo, Didier Vibert, Chargé des affaires internationales, NEGRI Maroc, filiale de ETPO France. Interview.

Conjoncture.info : Quel est votre bilan de cette mission au Togo ?

Didier Vibert : Un très bon bilan, et je souhaite insister sur la très bonne organisation de cette mission par la CFCIM. D’ailleurs, nous avons deux affaires en cours avec le port autonome de Lomé dans notre secteur d’activité, les travaux maritimes.

Conjoncture.info : Vous travaillez déjà dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, quelle est la principale difficulté ?

Didier Vibert : Un problème dont on ne parle jamais et auquel les PME sont pourtant confrontées. En Afrique, il y a deux types de business : les affaires qui sont initiées et financées par les ports autonomes que ce soit à Lomé, à Dakar ou à Douala et les affaires initiées par les exploitants et les concessionnaires dans le domaine du pétrole, ou de l’extraction de minerais par exemple. Dans ce cas précis, tous les sièges se trouvent en France ou en Europe et il est très compliqué pour nous de savoir où se trouvent les centres de décision. Nous perdons beaucoup d’énergie et de temps à remonter la filière de ces projets et nous aurions besoin d’aide dans ce domaine.

Conjoncture.info : Vous êtes la filiale marocaine d’une entreprise française. Est-ce que ce statut de filiale marocaine vous aide dans votre développement africain ?

Didier Vibert : Oui bien-sûr, le Maroc bénéficie d’une aura économique dont il faut profiter. Mais là encore, il y a une autre difficulté. Notre filiale marocaine est jeune et ne bénéficie pas encore au Maroc de la classe, des qualifications, du capital et des attestations de notre maison mère française. Il est donc plus compliqué pour nous de répondre à des appels d’offres en Afrique avec la filiale marocaine. J’aimerais que, dans un souci d’amélioration de l’offre marocaine à l’export, les autorités du Royaume tiennent compte de cette difficulté et accélèrent nos démarches pour mettre à niveau nos entreprises.

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