Coût des matières premières : quelle évolution ?

Pandémie, tensions géopolitiques, désorganisation des chaînes de valeurs, crise du fret maritime, aléas météorologiques… autant de facteurs qui ont lourdement impacté le cours des matières premières en 2021. Le 22 janvier dernier, le think tank Policy Center for the New South a publié un rapport sur le thème « Bilan 2021 et perspective 2022 : une persistance des tensions sur les marchés mondiaux de matières premières ? ». Explications.

Selon l’auteur, Yves Jégourel, hormis les métaux précieux (or, argent et platine), l’ensemble des « commodities » (produits énergétiques, produits agricoles, engrais, aluminium, cuivre, étain, nickel, plomb, zinc…) a connu une forte hausse de prix entre avril 2020 et août 2021. Au second semestre, les cours se sont toutefois stabilisés, à l’exception de celui des engrais qui a poursuivi sa croissance.

Toujours selon le rapport, entre janvier et décembre 2021, le prix des produits énergétiques a progressé de 36 à 37 %. Le prix du gaz européen atteint un record : le Title Transfer Falicity (TTF) a augmenté de 423 %. Fin octobre 2021, le Brent a quant à lui retrouvé un niveau record depuis 2018 : plus de 85 USD/bbl. La hausse du prix des produits énergétiques a impacté le cours d’autres matières premières, notamment celui des engrais et des métaux de base. En raison de sa grande dépendance aux prix gaziers, le prix de l’urée s’est ainsi accru de 236 %. Hormis le fer, dont le cours a diminué, les autres métaux de base tels que l’aluminium, le cuivre ou le zinc ont également connu une hausse. L’étain a vu son cours exploser : ce dernier a augmenté de 80 % entre janvier et décembre 2021.

En ce qui concerne les produits agricoles, particulièrement impactés par la crise des containers, la plupart des cours ont enregistré une hausse, notamment les céréales dont la production n’a pas entièrement couvert la demande mondiale (production estimée à 2 287 Mt pour une consommation de 2 290 Mt). Les prix du soja et du riz ont toutefois connu un repli au cours de l’année. Autre exemple, les cours de l’Arabica et du Robusta ont respectivement progressé de 67 % et 59 % en 2021 en raison des perturbations engendrées par la pandémie ainsi que par une météorologie défavorable dans les principaux pays producteurs. Les huiles végétales ont pour leur part enregistré des hausses comprises entre 6 % (tournesol) et 52 % (colza).

2022 sous le signe de l’incertitude

Selon, l’auteur du rapport les prix des matières premières devraient se stabiliser en 2022, même s’il persiste encore de grandes incertitudes, portant notamment sur l’évolution de la situation sanitaire ainsi que sur la croissance de l’économie mondiale. Du fait de mécanismes d’interdépendance, l’inflation en hausse dans la plupart des pays devrait également impacter le prix des matières premières. Autre source d’incertitude, la transition énergétique vers l’économie décarbonée et un désengagement trop rapide des énergies fossiles pourraient accroitre les tensions sur le prix de l’énergie qui, à son tour, devrait accentuer le phénomène de volatilité des cours.

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