Casablanca, hub financier vers l’Afrique

Interview d’Adil Guessous, Président de l’AJAM

Le 7 janvier 2016, l’Association des Juristes d’Affaires Marocains a organisé, en partenariat avec le bureau de Paris de la CFCIM, un colloque portant sur le capital investissement en Afrique et le rôle de Casablanca en tant que hub financier. Adil Guessous, Président de l’Association des Juristes d’Affaires Marocains (AJAM), revient sur l’évènement qui s’est tenu dans les locaux du MEDEF à Paris.

Adil GuessousConjoncture.info : Présentez-nous l’AJAM en quelques mots.
Adil Guessous : L’Association des Juristes d’Affaires Marocains (AJAM) regroupe plus d’une centaine de membres (étudiants, universitaires, avocats et juristes d’entreprise), tous praticiens du droit des affaires et exerçant principalement en France et au Maroc. L’AJAM a notamment pour objectifs de participer à la promotion et au développement du droit des affaires marocain et de faire connaître la communauté des juristes d’affaires, tant en France qu’au Maroc. Dans ce cadre, l’AJAM engage des actions concrètes, telles que la mise en place, en partenariat avec Clifford Chance, d’une bourse d’excellence et de mérite, ou encore l’organisation d’évènements professionnels dédiés au droit des affaires, à la finance, aux investisseurs, etc. Actuellement, l’AJAM travaille sur plusieurs thèmes juridiques comme l’arbitrage et les partenariats public-privé.

Quel bilan dressez-vous de ce colloque ?
Le colloque, dont le thème portait sur la place de Casablanca dans le développement du capital investissement en Afrique, a montré l’intérêt grandissant des investisseurs pour le marché marocain et pour le marché africain au sens large. Le bilan de cet évènement est positif puisqu’il aura réuni plusieurs acteurs économiques, dont des entreprises de différente taille (multinationales, PME), des fonds de capital investissement, des banquiers, ainsi que des institutions financières.

Quels sont les enjeux du capital investissement pour le développement économique du pays ?
Le développement économique du Maroc, et de l’Afrique au sens large, passe en tout premier lieu par l’investissement dans des secteurs-clés tels que l’énergie, le transport et les infrastructures. En complément des sources de financement traditionnelles (financements publics et bancaires), le capital investissement permettrait de renforcer les moyens financiers et de contribuer ainsi au développement des secteurs-clés, mais aussi d’autres secteurs économiques.

Quel est votre regard sur l’évolution du climat des affaires au Maroc ces dernières années ?Le climat des affaires au Maroc s’est considérablement amélioré ces dernières années. Le Maroc s’est en effet doté d’un cadre législatif et réglementaire favorable aux investissements étrangers et qui assure une plus grande sécurité juridique. Récemment, la Loi marocaine n° 18-14 a institué de nouveaux véhicules d’investissement : les Organismes de Placement Collectif en Capital (OPCC). Ces derniers permettront d’investir dans des entreprises domiciliées aussi bien au Maroc qu’à l’étranger, en particulier en Afrique. Pour que ce nouveau dispositif juridique soit opérationnel, plusieurs textes d’application (arrêtés, circulaires) seront prochainement adoptés. Sur le plan international, le Maroc a conclu de nombreux accords bilatéraux et multilatéraux avec d’autres États africains (accords de libre-échange, accords de protection et de promotion des investissements, conventions de non-double imposition). Certains accords sont en cours de négociation, de ratification ou d’entrée en vigueur. Ils devraient notamment permettre de libéraliser les échanges et les investissements et d’harmoniser la réglementation fiscale et douanière.

 

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