Déjeuner networking autour de l’efficacité énergétique

Investir dans l’efficacité énergétique permet non seulement de limiter ses rejets de CO2 et d’agir pour la planète, mais aussi de réaliser de substantielles économies. Telle était la thématique du dernier déjeuner networking organisé le 28 avril 2016 par la CFCIM.

48 décideurs et chefs d’entreprises ont participé à la seconde édition des déjeuners networking lancés dans le cadre des évènements initiés par la CFCIM en marge de la COP22. Pour rappel, ce programme de rencontres vise à sensibiliser les entreprises aux problématiques de développement durable tout en mettant en avant les opportunités d’affaires dans le secteur des technologies vertes.

DEJ NET 4Le déjeuner a débuté par l’exposé de Mounir Benyahya, Directeur des Parcs Industriels de la CFCIM, qui a présenté le projet Ecoparc de Berrechid, premier parc industriel du Maroc à avoir décroché la certification internationale Haute Qualité Environnementale (HQE™) Aménagement, décernée par CERWAY. Dédié aux industries propres et au green business, le parc s’étendra sur une superficie globale de 61 hectares, accueillera 192 PME non polluantes et générera près de 8 000 emplois.

DEJ NET 14Ce fut ensuite au tour de Rachid Naanani, Président du Cluster « Efficacité énergétique dans les matériaux de construction », de présenter les différentes solutions permettant aux industriels de réduire leur facture d’électricité. « Avec la hausse des prix de l’électricité moyenne tension, les industriels rentabilisent très rapidement leurs investissements dans l’efficacité énergétique », souligne-t-il. Afin de capitaliser sur leur savoir-faire et de partager les bonnes pratiques en matière d’efficacité énergétique, les entreprises ont tout intérêt à se réunir et c’est dans cet esprit que ce cluster a été créé.

DEJ NET 13Saad ABDELLAH, Expert et Professeur à l’École Nationale Supérieure d’Électricité et de Mécanique (ENSEM) a également insisté sur le fait que « l’efficacité énergétique est un réel levier de compétitivité industrielle au Maroc et se traduit par des gains économiques concrets. » Il existe ainsi deux types d’efficacité énergétique : l’efficacité énergétique passive, qui résulte de l’utilisation d’équipements à faible consommation et l’efficacité énergétique active, induite par la mise en place d’une infrastructure de mesure, de surveillance et de contrôle de la consommation d’énergie.

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Omar Benaicha

3 questions à Omar Benaicha, Directeur Général de Bureau Veritas Maroc, Vice-Président de la Commission Appui aux entreprises de la CFCIM.

Quels sont les grands axes du programme « Spécial COP22 » mis en place par la CFCIM et sa Commission Appui aux Entreprises ?
Comme tous les acteurs économiques et associatifs marocains, la CFCIM a mis en place, en marge de la COP22, un programme de rencontres s’étalant depuis le début de l’année 2016 jusqu’à la tenue de la COP22, voire même après. En ce qui concerne l’évènement de la COP22 en lui-même, la CFCIM espère participer, aux côtés de ses partenaires institutionnels, à l’espace d’échanges et de débats à travers des opérations d’information et de sensibilisation. La CFCIM a donc mis en place un programme de rencontres pour ses adhérents, sur différents sujets en relation avec la question du climat, la gestion des déchets, la gestion de l’eau ou encore l’efficacité énergétique. Nous avons décidé de mettre particulièrement en avant un projet phare de la CFCIM : l’Ecoparc de Berrechid, qui est en cours de réalisation. La CFCIM compte ainsi mettre au profit de la COP22 tout ce qui constitue son cœur de métier, à savoir le support aux investisseurs et la facilitation des affaires.

Selon vous, à quel niveau de maturité se trouvent les entreprises marocaines en matière de développement durable ?
Je pense qu’il existe un peu tous les niveaux de maturité. Il y a, dans certains secteurs, des entreprises qui sont très en avance et qui travaillent sur ce sujet depuis plusieurs années. Ces entreprises agissent concrètement pour le développement durable et s’appuient sur ces actions pour améliorer la gestion de leurs activités. Je pense notamment au secteur cimentier ou pétrolier, etc. Il y a également les filiales de multinationales qui déclinent localement les stratégies et plans d’actions de leur maison mère. D’autres entreprises, en particulier certaines PME, sont peut-être moins sensibilisées et n’ont pas toujours des moyens suffisants. Il y en a toutefois quelques-unes qui se sont engagées aux côtés de leurs donneurs d’ordre et s’associent à leurs actions.

Mais, la plupart des PME n’ont pas vraiment encore commencé à travailler sur le sujet. Par ailleurs, il faut souligner qu’aujourd’hui, au niveau institutionnel, les conditions actuelles ne sont pas les mêmes qu’il y a 15 ans. Il existe un cadre réglementaire et des acteurs qui encouragent les entreprises, comme la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement et beaucoup d’autres associations qui opèrent sur le terrain. Le Maroc est un pays modèle en matière d’énergies renouvelables. En ce qui concerne la gestion des déchets, le Maroc travaille sur beaucoup d’aspects, même si cela avance doucement. La loi sur la gestion de l’eau a été adoptée depuis 1996 et nous disposons ainsi d’une politique de l’eau qui est très en avance par rapport à d’autres pays de la région. Sur d’autres volets, comme les décharges contrôlées ou encore les rejets atmosphériques, nous sommes malheureusement un peu moins avancés. Mais il faut toutefois relativiser, le Maroc n’est pas un pays très industrialisé ni un gros pollueur.
Pour encourager les entreprises sur la voie du développement durable, il faudrait leur apporter plus de soutien et surtout plus d’incitation. Tous les bons élèves qui travaillent sur le sujet n’ont pas forcément quelque chose en retour. Au Maroc, nous n’avons pas encore de fiscalité verte ou de crédit d’impôt, comme c’est le cas en Europe. Il reste donc à mettre en place un certain nombre d’incitations pour encourager les entreprises.

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