Ahmed Bentouhami: « Avec la nouvelle loi, nous sommes passés en mode « tolérance zéro » pour les opérateurs de la filière alimentaire ».

Conjoncture reçoit ce mois-ci Ahmed Bentouhami, Directeur Général de l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA).

Conjoncture : L’actualité pour l’ONSSA, c’est cette opération de saisie spectaculaire de 50 tonnes de produits alimentaires avariés ou dont les dates de péremption n’avaient pas été respectées qui ont été saisies le 29 août dernier à Sidi Bernoussi à Casablanca. Comment cette opération a t-elle été menée ?

Ahmed Bentouhami : C’est une simple opération de contrôle comme nous en faisons des centaines par jour qui nous a mené vers cet entrepôt. Vous savez, la nouvelle loi sur la sécurité sanitaire des aliments responsabilise totalement et sans aucune exception l’opérateur. Dès que nous constatons un problème comme c’était le cas avec ces denrées qui ont été saisies, cela devient pour l’opérateur un problème avec la police et la justice. Depuis la loi, c’est la tolérance zéro pour les opérateurs.

Conjoncture : Après une telle saisie de 50 tonnes d’aliments, on se dit que des milliers de tonnes doivent passer entre les mailles du filet, ça fait peur…

Ahmed Bentouhami : Des milliers…je crois que vous exagérez…mais notre système de contrôle est perfectible. Dans ce cas précis, il se trouve que le propriétaire de ce stock avarié n’a pas d’agrément mais il n’est pas le seul. Beaucoup d’opérateurs ont un processus d’agrément en cours, ça ne veut pas dire qu’ils sont hors la loi et qu’ils font tous du mauvais travail. La mission de l’ONSSA est énorme, nous avons en charge toute la sécurité alimentaire, et la partie inspection, notamment en ce qui concerne les poissons et les viandes est évidemment très difficile à mener, il nous faudrait encore plus de ressources et de matériel.

Conjoncture : Alors justement, parlons de la sécurité alimentaire. On dit et je sais que vous n’aimez pas le terme, que l’ONSSA est le gendarme de cette alimentation au Maroc…Est-ce que vous pouvez être sur tous les fronts ?

Ahmed Bentouhami : Je n’aime pas ce terme parce qu’il est réducteur. A l’ONSSA, il y a 50% de répression et 50% de communication, c’est une recette qui fonctionne bien. Notre bilan est globalement positif. Dans le domaine du contrôle des produits alimentaires, ce sont environ 9 millions de tonnes de produits alimentaires qui ont été contrôlés à l’importation, à l’exportation et sur le marché local, correspondant à 85.000 certificats sanitaires octroyés. Dans le domaine de la santé animale, et pour maintenir une situation sanitaire satisfaisante, l’Office a réalisé, entre autres, la vaccination de 2,5 millions d’animaux toutes espèces confondues contre diverses maladies et la prospection à titre préventif de 5 millions de têtes. Par ailleurs, la vigilance a été renforcée suite à l’apparition de la fièvre aphteuse en Tunisie et en Algérie pour éviter son introduction sur le territoire national avec le lancement récemment d’une campagne de vaccination de tout le cheptel bovin en septembre 2014. Et puis nous avons lancé un ambitieux programme d’identification et de traçabilité du cheptel national qui prévoit à terme l’identification de l’ensemble du patrimoine animal avec une traçabilité parfaite grâce à un système de puces électroniques. Quant au domaine végétal, l’ONSSA a procédé à la certification de 7,7 millions de plants de diverses espèces, et de 350.000 quintaux de semences. Des actions de contrôle ont été engagées pour éviter l’introduction et la dissémination de maladies et parasites sur le territoire national. Ce qui a permis la maîtrise du feu bactérien des rosacés à pépins, du charançon rouge du palmier et le virus de la Tristeza des agrumes. Alors c’est vrai, cela fait beaucoup de choses pour nos 2027 agents, et je ne vous cache pas que ces ressources humaines sont en deçà des normes en la matière pour que l’ONSSA accomplisse toutes ses tâches dans les meilleures conditions.

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