Abdeslam Seddiki, Ministre de l'Emploi et des Affaires Sociales : "Actuellement, il existe une trentaine de syndicats au Maroc, combien représentent réellement les salariés ?"

Conjoncture.info reçoit ce mois-ci Abdeslam Seddiki, Ministre de l’Emploi et des Affaires Sociales.

Conjoncture.info : Mai est traditionnellement, pour un Ministre de l’Emploi, le mois de la Fête du Travail et qui dit Fête du Travail dit dialogue social. Pour le grand public, le dialogue social, c’est la rencontre entre le Gouvernement et des syndicats généralement énervés et ça tourne depuis toujours autour du droit de grève et du salaire minimum… Rassurez-nous, le dialogue social, ce n’est pas que ça ?

Abdeslam Seddiki : Non, bien sûr. Cette année, nous avons ouvert le dialogue social sur 3 thématiques majeures : l’amélioration du niveau des revenus des travailleurs, tout ce qui est relatif à la liberté syndicale et le volet législatif concernant la Loi sur la grève et le Code du travail, porté notamment par la CGEM. Nous avons constitué 4 commissions : une consacrée aux élections professionnelles, une commission réservée à la réforme de la retraite présidée par le Ministre des Finances, la troisième commission dédiée au secteur public et la dernière au secteur privé. Ces commissions nous ont permis de progresser sur beaucoup de sujets. Nous sommes en train, par exemple, d’avancer sur la ratification prochaine de la convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale. Il nous reste à régler le problème des juges, qui dans notre Constitution n’ont pas le droit d’avoir une appartenance syndicale. Nous avons aussi entamé une discussion avec les syndicats sur la Loi organique sur la grève et la Loi sur les syndicats dans le but de parvenir à un accord sur un texte de Loi qui sera présenté prochainement au Secrétaire Général du Gouvernement avant un vote au Parlement cette année.

Conjoncture.info : On voit que ce dialogue social est mieux organisé que par le passé. C’est pour cette raison que vous souhaitez compter au Maroc sur des syndicats plus forts, plus représentatifs des salariés ?

Abdeslam Seddiki : C’est très important pour la réussite du dialogue social. On ne peut dialoguer qu’avec des gens qui représentent véritablement les salariés. Imaginez un Gouvernement qui ne représenterait pas la volonté populaire : quelle serait sa légitimité auprès des citoyens ? C’est la même chose avec les syndicats. Nous voulons des syndicats « forts » et la Loi sur les syndicats va nous y aider. D’abord, il faut rationaliser le champ syndical comme nous l’avons fait dans le champ politique avec la Loi sur les partis politiques. Actuellement, il existe une trentaine de syndicats, combien représentent réellement les salariés ?

Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans le numéro de mai de la revue Conjoncture réservée aux adhérents de la CFCIM.

 

 

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