La biodiversité autour de la table du CESE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a appelé, mercredi 18 mai à Rabat, à un renforcement de la gouvernance intégrée et du cadre institutionnel de la biodiversité au Maroc, à l’occasion de la présentation de son avis consacré au thème : « La biodiversité au Maroc : pour une gouvernance renouvelée au service d’un développement territorial durable ».

Présentant les conclusions du Conseil, Abdelkader Amara, président du CESE, a plaidé pour l’adoption d’une loi-cadre dédiée à la biodiversité afin de consacrer la Stratégie et le Plan d’action nationaux pour la biodiversité comme « cadre référentiel opposable de l’action publique ». Le CESE recommande également de rehausser le statut de la Commission nationale du changement climatique et de la biodiversité en la rattachant au département du Chef du gouvernement, afin d’en faire une instance de pilotage stratégique et d’arbitrage intersectoriel.

Le Conseil estime que la gouvernance actuelle demeure marquée par « des logiques de gestion en silos », limitant l’intégration transversale des enjeux de biodiversité dans les politiques publiques. Les articulations entre politiques agricoles, hydriques, environnementales et territoriales restent ainsi « très perfectibles », a souligné Abdelkader Amara.

Dans ce contexte, le CESE appelle à considérer la biodiversité comme « un pilier structurant de la souveraineté nationale et du modèle de développement du Royaume », en l’intégrant pleinement aux stratégies publiques afin de renforcer la résilience des territoires et soutenir les filières de l’économie verte, bleue et de l’écotourisme.

Le rapporteur du thème, Abderrahim Ksiri, a pour sa part alerté sur « l’érosion accélérée du capital naturel » au Maroc, relevant que plusieurs écosystèmes stratégiques approchent de seuils critiques de dégradation sous l’effet de la pression urbaine, de la surexploitation des ressources et du changement climatique. Il a également mis en avant un « déficit écologique structurel », l’empreinte écologique du Maroc atteignant 1,77 pour une biocapacité estimée à seulement 0,73.

Structuré autour de quatre axes, l’avis du CESE recommande notamment une meilleure intégration de la biodiversité dans les secteurs productifs, une réorientation des financements vers la restauration des écosystèmes ainsi qu’un renforcement de la recherche scientifique et de l’appropriation citoyenne des enjeux liés à la biodiversité.

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