6e édition du Forum International Afrique Développement

Le 14 et 15 mars dernier à Casablanca a eu lieu la 6édition du Forum International Afrique Développement (FIAD) organisée par Attijariwafa bankLa cérémonie d’ouverture a été présidée par le Chef d’État africain, Julius Maada Bio, Président de la République de Sierra Leone, invité d’honneur. Outre le programme de conférences et de panels, un grand espace a été dédié aux rencontres B to B et B to G.

La question de l’intégration du continent africain et de ses implications économiques était au cœur de la dernière édition du FIAD dont la thématique centrale était : « Quand l’Est rencontre l’Ouest ».

FIAD 2Dans son allocution, Julius Maada Bio, Président de la République de Sierra Leone a notamment salué les réformes engagées par le Maroc en matière de développement et d’économie. Il a également rappelé les atouts et les richesses dont dispose le continent africain, en particulier l’importante concentration et diversité de ses ressources naturelles, sa population majoritairement jeune, composée de 1,2 milliard de personnes. Selon lui, l’Afrique offre un énorme potentiel pour les investissements à fort niveau de rentabilité dans de nombreux secteurs d’activité (industrie, tourisme, technologie, agro-industrie…). « Nous devons encourager l’investissement dans nos pays et supprimer les barrières tarifaires et non tarifaires. Les régimes fiscaux, les tribunaux de commerce et les lois protégeant les investisseurs doivent être faciles à comprendre, transparents et également prévisibles », a déclaré le Président.

Il dresse toutefois le constat suivant : « Nos pays ratent des opportunités très intéressantes à la fois en termes de commerce et d’investissement. Nous n’avons pas non plus tiré avantage de nos accords de libre-échange avec les nations non africaines. Faibles échanges et investissements intra-africains, intégration limitée des marchés et interconnectivité réduite des infrastructures à travers les frontières […], l’Afrique a beaucoup de retard. » La solution : une meilleure intégration du continent pour lever les barrières à l’investissement (intra-africain et étranger), encourager les échanges intra-africains, générer des emplois et permettre un développement inclusif.

Pour appuyer ce process d’intégration continentale, il est important de donner un nouvel élan au projet de Zone de Libre-Échange Continental (ZLEC), signé par 44 pays africains.

L’Afrique, un espoir pour l’économie mondiale

Mohamed El Kettani, Président Directeur Général du groupe Attijariwafa bank a, pour sa part établi un panorama du contexte économique international : « Si l’économie mondiale a connu une phase d’expansion en 2018, le monde semble être à nouveau entré dans une phase d’essoufflement et d’incertitude grandissante. En effet, l’escalade des tensions commerciales, les interrogations autour de la croissance en Asie ou du Brexit semblent être à l’origine de nouvelles révisions à la baisse des rythmes de croissance économique et du commerce mondial par les différentes institutions internationales. […] Dans cet environnement global d’incertitude, l’Afrique maintient le cap et demeure un espoir pour la croissance mondiale ».

Ainsi le taux de croissance en Afrique devrait passer de 3,5 % en 2018 à 4 % en 2019. L’inflation devrait diminueret les déficits budgétaires devraient également être mieux maitrisés dans les pays africains. Mohamed El Kettani souligne en outre l’importance de mener à l’échelle du continent des réformes structurelles et d’approfondir l’intégration économique afin de « libérer davantage les énergies créatrices de richesses et de valeurs ».

Selon lui, parallèlement à la candidature du Maroc pour intégrer la CEDEAO et l’instauration de la ZLEC, il est important d’ « accélérer davantage la cadence grâce à des projets concrets Est-Ouest qui montrent la voie. » S’adressant à l’assistance, il a appelé les décideurs et opérateurs présents à s’engager dans un but commun : « Ensemble, réaffirmons notre croyance dans un espace commun intégré porteurd’espoir et d’avenir, à rebours des tentations protectionnistes à l’œuvre au niveau international.Investissons dans notre capital humain, dans la promotion de la femme africaine, dans le renforcement de nos infrastructures, et dans la mise en œuvre de schémas de gouvernance crédibles. Œuvrons à la mise en placede projets concrets, à l’origine d’une co-localisation bien pensée assurant création d’emplois et transferts d’expertise ».

La cérémonie d’ouverture s’est poursuivie par les allocutions de Mohcine Jazouli, Ministre Délégué Chargé de la Coopération Africaine, d’Abdallah Boureima, Président de la Commission Union Économique et Monétaire Ouest Africaine, d’Aklilu Hailemichael, Vice-Ministre des Affaires Étrangères chargé des Affaires Économiques et de la Diaspora en Éthiopie, de Khoudia Mbaye, Ministre de la Promotion des Investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’État au Sénégal et de S.E.M Li Li, Ambassadeur de Chine au Maroc.

Des échanges axés sur les grands enjeux africains

Au programme du FIAD, des plénièreset des panels conduits par des intervenants de haut niveau. La première sessionportantsur le thème « Accélérer l’intégration régionale, accroître la création de valeur » a été animéepar Treasure Maphanga, Directeur de la Trade and Industry African Union Commission, Mamadou Traoré, Commissaire Industrie et Secteur Privé de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAS), Moulay Hafid Elalamy, Ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Économie Numérique, Aklilu Hailemichael, Mohsen Adel, Directeur Exécutif de la General Authority for Investment and Free Zones (GAFI) et enfin Kelvin Tan, Secrétaire Général de la Chambre de Commerce Afrique – Asie du Sud-Est (ASEACC).

L’évènement s’est poursuivi par plusieurs panels dédiés à des thématiques telles que le rôle des jeunes startuppeurs dans le développement du digital en Afrique ou encore l’initiative Stand Up for African Women Entrepreneur. Ce projet visant à soutenir les femmes entrepreneurs en Afrique a fait l’objet de la signature d’un partenariat entre Attijarriwafa bank et la Banque africaine de développement à l’occasion du forum.

Parmi les autres temps forts, les cérémonies de remise des Trophées de la Coopération Sud-Sud et des Trophées des Jeunes Entrepreneurs.

 

Chiffres-clés du FIAD 2019

  • 2 000 décideurs économiques et politiques
  • 34 pays présents
  • 5 000 rendez-vous d’affaires, notamment dans le secteur de l’agroalimentaire, du BTP, du négoce, de la distribution, de l’énergie ou encore du transport et de la logistique.

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